Michel Gélinas avait grimpé sur le château d'eau de Louiseville le 26 juin dernier pour revendiquer le droit de revoir ses enfants.

Des travaux communautaires pour avoir manifesté sur le château d'eau à Louiseville

Michel Gélinas devra finalement effectuer 40 heures de travaux communautaires et se soumettre à une probation de deux ans pour un méfait.
C'est lui en effet qui avait grimpé sur le château d'eau de Louiseville le 26 juin dernier pour revendiquer le droit de revoir ses enfants. Lors de son retour en cour mercredi, il a donc plaidé coupable à l'accusation d'avoir empêché, interrompu ou gêné l'emploi, la jouissance ou l'exploitation légitime d'un bien, soit la route 349. Il a aussi admis avoir commis un bris de probation à une autre occasion.
L'homme de 43 ans a expliqué au juge Guy Lambert qu'il souffrait en juin d'une dépression. «Tout ce que je voulais est d'avoir un avocat pour me défendre et revoir mes enfants. Je ne voulais faire de mal à personne et même pas bloquer la route», a-t-il raconté.
Michel Gélinas avait perdu la garde légitime de ses enfants et tentait, depuis, de trouver un avocat qui accepterait de prendre sa cause. Or, personne ne voulait de ce mandat. La veille du délit, il avait même contacté l'Accalmie parce qu'il voulait se suicider. En grimpant sur le château d'eau de l'ancienne Associated Textiles of Canada, il souhaitait ainsi mobiliser l'attention du public et plus particulièrement des médias afin d'obtenir un soutien juridique.
Son coup d'éclat avait forcé l'arrivée de nombreux policiers de la Sûreté du Québec, dont les membres du groupe d'intervention.
Un hélicoptère avait également été appelé sur les lieux. Il avait finalement accepté de redescendre quatre heures plus tard. Il avait ensuite été conduit à l'hôpital où on avait diagnostiqué une dépression et une psychose toxique.
La Couronne, représentée par Me Pierre-Alexandre Bernard, a fait valoir que Gélinas avait des antécédents judiciaires et avait utilisé une mauvaise méthode pour attirer l'attention en copiant, d'une certaine façon, cet individu qui avait grimpé sur le pont Jacques-Cartier pour proclamer le message de Fathers4Justice. Il a donc réclamé une peine dissuasive variant entre quatre à six mois de prison.
Pour sa part, l'avocate de la défense, Me Karine Buissières, a rappelé que son client s'était repris en main en se soumettant à une thérapie chez Domrémy et à un suivi médical et psychosocial. Elle a donc suggéré des travaux communautaires.
Le juge a finalement opté pour 40 heures de travaux communautaires à exécuter sur une période de six mois. Il a tenu compte du fait qu'il avait manifesté sur un site désaffecté situé dans un champ. Il a cependant pris soin de rappeler à Michel Gélinas qu'il avait évité la prison de justesse.
Notons que Benoît Leroux, qui avait grimpé dans la structure du pont Jacques-Cartier le 23 mai 2005, avait écopé de 180 heures de travaux communautaires.