La thèse de l’incendie criminel n’a pas encore été écartée par les enquêteurs.

Des squatteurs expulsés la veille

Trois-Rivières — L’enquête entourant le violent incendie qui a détruit une partie de l’ancienne Crémerie des Trois-Rivières tôt mardi matin n’a pas encore permis d’identifier une cause précise, mais un élément semble retenir l’attention des enquêteurs. En effet, moins de 24 heures avant le début de l’incendie, les policiers se sont rendus sur les lieux pour une introduction par effraction, et des effets appartenant possiblement à des squatteurs ont été évacués des lieux.

Le propriétaire de la bâtisse, le président de Groupe Auxilium Francis Lemay, explique en effet avoir constaté la possible présence de personnes indésirables dans l’immeuble en rénovation, le 4 décembre au matin. «On a retrouvé du matériel à l’intérieur et nous en avons disposé», a-t-il confirmé dans un court entretien téléphonique avec Le Nouvelliste. Une information confirmée par la Sécurité publique de Trois-Rivières.

«Nous avons en effet reçu un appel à 9 h 25 le 4 décembre pour une possible introduction par effraction. Le propriétaire nous a avisés et nous nous sommes rendus sur les lieux. À notre arrivée, il n’y avait personne à l’intérieur, mais une vitre avait effectivement été cassée et nous avons retrouvé certains objets à l’intérieur qui peuvent laisser croire à la présence de squatteurs», explique le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières. Les objets ont donc été récupérés et sortis de l’immeuble.

Toutefois, il est encore trop tôt pour dire si l’incendie est effectivement de nature criminelle, même si cette hypothèse demeure envisagée. «Nous considérons toujours l’incendie de cause indéterminée, étant donné que la scène est complexe. Il y a eu beaucoup de mouvement des débris avec la pelle mécanique, ainsi que des milliers de litres d’eau déversés pour éteindre les flammes alors ça complexifie les choses pour trouver des traces d’accélérant par exemple. Nos enquêteurs continuent leur travail», ajoute le sergent Mongrain.

Le propriétaire de la bâtisse était à Trois-Rivières, mercredi, afin de rencontrer les enquêteurs au dossier de même que ses assureurs. Il indique collaborer pleinement à l’enquête. Il ne sait toujours pas ce qu’il adviendra de la bâtisse, attendant le rapport des assureurs pour se faire une tête sur la suite des choses, lui qui envisageait notamment l’implantation d’une microbrasserie dans une partie du complexe. 

Étant donné que cette partie n’a pas été touchée par l’incendie, il n’est pas exclu que le projet se réalise encore. 

Mardi soir, le site a été clôturé afin de sécuriser les lieux. Mercredi, des détours étaient toujours nécessaires dans le secteur. Certains débris, dont des éclats de verre, étaient encore visibles au sol. 

L’incendie, qui a éclaté vers 4 h mardi matin, avait été signalé aux pompiers de Trois-Rivières par des résidents du secteur, qui ont notamment relaté des bruits d’explosion. À l’arrivée des pompiers le feu faisait déjà rage aux trois étages de l’immeuble si bien que les pompiers sont passés en mode défensif pour protéger les immeubles voisins. 

L’immeuble voisin sur la rue Bonaventure abrite notamment le commerce Pompon Laine Café. Sur la page Facebook de cette coopérative, on pouvait lire mercredi que les activités avaient pu reprendre le matin même. Selon les pompiers, aucun des immeubles aux alentours n’a subi de dommages, et ce, malgré l’intensité du brasier.