Sylvain Duquette ne sera pas admissible à une libération conditionnelle avant 25 ans.

Des mauvais traitements pendant quatre heures

SHAWINIGAN — Le plaidoyer de culpabilité de Sylvain Duquette a permis d’en apprendre un peu plus sur le drame qui s’est joué le 5 avril 2017.

Duquette s’est d’abord présenté à la maison de son père, Claude Duquette, à Saint-Mathieu-du-Parc vers 19 h 30. Il est entré dans la maison avec un sac qui contenait une arme de calibre 12 et un gros couteau. Il a ligoté son père et sa conjointe des 30 dernières années, Jocelyne Pellerin. Il les a injuriés, insultés et leur a infligé des mauvais traitements pendant quatre heures. Les reproches formulés portaient surtout sur l’argent.

Il a ensuite tiré une balle sur Mme Pellerin, âgée de 70 ans, en plein visage sous les yeux de son père. Il a aspergé ce dernier d’essence et a mis le feu à la traînée d’essence avant de quitter les lieux. Son père, un octogénaire, a cependant réussi à se défaire de ses liens afin de se rendre chez un voisin pour faire le 911.

Le triple meurtre est survenu le 5 avril 2017 dans des résidences de Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Gerard-des- Laurentides.

Duquette s’est ensuite rendu à la résidence de Denise Hallé, la conjointe de son défunt frère Jocelyn. Dans le passé, le couple avait accepté de l’héberger puisqu’il n’avait pas d’endroit pour vivre et qu’il était sans emploi. Or, Jocelyn Duquette est décédé d’un cancer fulgurant. Sa femme avait ensuite continué à l’héberger pendant un certain temps avant de se lasser et de lui demander de partir, ce qu’il n’a visiblement pas accepté.

Lorsqu’il s’est pointé à la résidence du lac Marchand, Denise Hallé n’était pas seule. Son amie Janet Lauzon-Toupin, domiciliée en Ontario, était en vacances chez elle avec un enfant de trois ans.

Denise Hallé a été atteinte de deux balles, dont une mortelle à la tête. Son corps a été retrouvé dans un lit au sous-sol. Son amie a elle aussi été atteinte mortellement d’un projectile. Son corps était dans l’escalier.

Duquette a ensuite mis le feu à la résidence avant de quitter les lieux non sans avoir emmené l’enfant chez des voisins. Il s’est ensuite dirigé vers une station-service où il a finalement été arrêté par les policiers. L’arme et les bidons d’essence se trouvaient dans le coffre de la voiture.

Son avocate, Me Karine Bussières, qui était assistée par Me Matthieu Poliquin, a rappelé vendredi qu’à titre de facteurs atténuants dans ce drame, son client n’avait aucun antécédent judiciaire et qu’il a plaidé coupable, évitant ainsi la tenue d’un procès. Elle s’est dite satisfaite des discussions avec la procureure de la Couronne, Me Catherine Vincent, qui ont donné lieu à un règlement.