Des lésions compatibles avec une tentative d’étouffement

TROIS-RIVIÈRES — Les lésions sur le corps de la présumée victime de Stéphane Gingras seraient compatibles avec une possible asphyxie causée par la pression d’un oreiller.

C’est du moins la conclusion émise par la Dre Claire Allard Dansereau, une experte en pédiatrie spécialisée dans la maltraitance envers les enfants. Dans le cadre du procès de Stéphane Gingras, accusé d’avoir infligé des lésions corporelles à une fillette de 4 ans en octobre 2015, la pédiatre de l’hôpital Sainte-Justine a en effet témoigné, mardi, à la demande de la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge.

Le 9 octobre 2015, soit huit jours après les présumés délits, la pédiatre a en effet examiné l’enfant pour évaluer un possible cas de maltraitance après avoir reçu des signalements d’un médecin et d’un travailleur social. La petite présentait à ce moment des hémorragies sous-conjonctivales aux deux yeux. Les pétéchies (petites taches rouges cutanées) qui avaient été constatées par les parents s’étaient pour leur part estompées. Elle a néanmoins vu les photos de celles-ci.

Comme elle l’a expliqué, un examen médical complet a été effectué. La pédiatre a aussi tenu compte des antécédents médicaux de l’enfant, tels des problèmes cardiaques à la naissance qui s’étaient résolus avec le temps, des terreurs nocturnes relevées par les parents, des pharyngites à streptocoques à répétition et des troubles respiratoires.

Dans son analyse, elle a en quelque sorte fonctionné par élimination. Règle générale, des hémorragies dans les yeux et des pétéchies chez un enfant peuvent être causées, selon elle, par des vomissements ou une toux importante, ce qui n’était pas le cas.

Les lésions constatées ne pouvaient pas non plus être attribuées à un traumatisme à la tête causé par une chute ou un coup de poing. Elle a aussi éliminé des troubles possibles liés à une coagulation déficiente, une prédisposition à faire des hémorragies ou une allergie.

Toujours selon elle, une infection pourrait causer des pétéchies mais de façon plus diffuse sur le corps. Quant à des cris ou des pleurs très intenses, ils pourraient certes occasionner des pétéchies mais pas d’hémorragies sous-conjonctivales. En tenant compte du fait que ces symptômes sont provoqués par une hausse de la pression veineuse au niveau du visage, elle soutient que les lésions sur le visage de l’enfant sont compatibles avec une tentative d’étouffement. Elle a aussi précisé que la présence de ces lésions démontrait que la fillette avait dû se débattre.

Stéphane Gingras est soupçonné avoir compressé la tête de l’enfant avec un oreiller au point de lui infliger des lésions corporelles. Dans ce procès, la défense représentée par Me Alexandre Biron et Me Pénélope Provencher, entend également faire témoigner son propre expert médical.