Des cavaliers ont participé aux recherches, mardi.

Denise Massicotte manque toujours à l’appel

LA TUQUE — Les recherches se sont poursuivies sur le terrain mardi pour retrouver une femme souffrant d’Alzheimer disparue à La Tuque, en Haute-Mauricie. La sexagénaire cueillait des bleuets avec son conjoint dimanche quand elle aurait perdu son chemin. Le couple était en bordure de la route forestière 25, près du kilomètre 6, qui relie La Tuque à la communauté autochtone de Wemotaci.

Des recherches pour retrouver Denise Massicotte ont lieu depuis dimanche soir et se sont poursuivies encore toute la journée mardi dans les airs et sur le terrain.  L’hélicoptère de la Sûreté du Québec a continué de survoler le secteur. Au sol, les efforts continuent de se multiplier. Des patrouilleurs sillonnent le terrain à pied et avec des VTT. La Sûreté du Québec a également fait appel à des maîtres-chiens et des cavaliers se sont joints aux recherches, mardi.

Les bénévoles étaient encore nombreux sur place mardi pour assister les autorités dans les recherches. 

«On est ici en soutien au service policier de la Sûreté du Québec pour faire des recherches au sol pour trouver la dame perdue. On est ici depuis lundi après-midi. […] Le boisé est assez dense et avec des dénivelés importants également. Il y a beaucoup de pentes. Le terrain est difficile, mais on est habitué. On en a déjà fait par le passé», affirme Sébastien Blanchet, coordonnateur régional pour l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS).

Des bénévoles du Service d’intervention d’urgence civil du Québec (S.I.U.C.Q.) de Drummondville et d’Eurêka recherche et sauvetage sont aussi actifs sur le terrain.

Rappelons que Denise Massicotte, 66 ans, a été vue pour la dernière fois le 11 août dernier.  

Elle mesure 1,40 m et pèse 52 kg. Elle a les cheveux blonds/roux et les yeux pers. La dernière fois qu’elle a été vue, elle portait un manteau vert forêt, des pantalons noirs et des souliers noirs. 

Réjean Bouchard, le conjoint de la femme disparue, continue de garder espoir qu’on la retrouve. L’homme qui cueillait des bleuets avec Denise Massicotte tout juste avant qu’elle ne disparaisse reste d’ailleurs sur les lieux pour suivre les développements des recherches. 


De nombreux bénévoles sont venus prêter main-forte aux autorités.

Alzheimer et proches aidants

La situation de Denise Massicotte, qui souffre de la maladie d’Alzheimer, ramène à la surface toute la question de sécurité entourant les personnes atteintes de la maladie d’Alzeimher et toutes les responsabilités et défis pour les proches aidants.

Pour la fondatrice et directrice de Carpe Diem- Centre de ressources Alzheimer, Nicole Poirier, la situation démontre bien la grande vigilance et la présence que requiert une personne qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

«Ce n’est pas nécessairement dès le diagnostic qu’on a besoin d’une présence comme celle-là, mais quand la maladie progresse, ça démontre comment les proches sont sollicités 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Le moindre moment d’inattention peut faire en sorte de perdre la personne. Dans ce cas-ci, c’est dans un endroit isolé, mais une personne peut échapper à notre vigilance dans une foule au centre d’achats, à l’épicerie… Ça demande énormément d’organisation et de vigilance. Ça nous sensibilise à ce que vivent les proches quand ils sont seuls avec une personne», explique Mme Poirier.


Plusieurs policiers de la Sûreté du Québec sont sur le terrain pour tenter de retrouver la dame de 66 ans.

Cette dernière estime qu’une situation comme celle-là peut arriver à tout le monde et il ne faut pas penser à de la négligence dès que cela se produit. 

«Quand ça arrive, il faut un peu avoir prévu le coup. Des fois ça nous arrive une fois et on ne se fait plus prendre, mais, par exemple, on peut toujours avoir proche de soi une photo récente de la personne, avoir une liste de personnes qui peuvent se mobiliser rapidement pour ne pas que ça prenne des heures… Une personne qui a la maladie d’Alzheimer peut marcher très vite et très longtemps», soutient-elle.

Elle met toutefois en garde contre des moyens de sécurité trop radicaux et privatifs de liberté pour les personnes qui vivent avec la maladie.

«Il faut toujours essayer de trouver un équilibre entre la liberté et la sécurité. Pour notre part, on essaie d’avoir une approche très personnalisée. Il faut éviter les moyens systématiques. […] Quand on voit des nouvelles comme celles-là, il ne faut pas tomber dans l’hypersécurité. Il faut être créatif dans les moyens d’assurer la sécurité sans brimer la liberté des gens», note Mme Poirier

«De ne jamais aller dehors et de se sentir enfermé, ça peut créer d’autres problèmes», prévient-elle. 

Les mesures de sécurité sont une chose, mais Nicole Poirier rappelle qu’il faut être créatif également dans les moyens d’accompagnement des proches aidants. Le soutien à domicile doit être développé davantage pour les proches et des familles.

«C’est un soutien novateur et créatif qu’il faut inventer», note-t-elle.

«Demander de l’aide, ce n’est pas facile. C’est de l’aide pour l’accompagnement au quotidien, ce n’est pas comme demander de l’aide pour la réparation d’une voiture. Ça demande une approche particulière. […] C’est difficile à comprendre. Cette inquiétude, cette préoccupation, cette vigilance de tous les instants qui sollicitent les proches. C’est pendant des années… Il faut trouver des moyens de soulager la tension que vivent les proches», a conclu Mme Poirier.