Amosi Niyonkuru

Délit de fuite mortel: en liberté sous de sévères conditions

TROIS-RIVIÈRES — Amosi Niyonkuru, ce Drummondvillois de 21 ans accusé relativement au délit de fuite mortel survenu à Trois-Rivières jeudi dernier, a pu retrouver sa liberté lundi midi au palais de justice de Trois-Rivières, en attendant la suite des procédures. Toutefois, le jeune homme devra respecter de sévères conditions qui lui ont été dictées par le tribunal.

À sa sortie du palais de justice, en après-midi, Niyonkuru était attendu par ses frères et son père, qui l’ont ramené au domicile familial de la rue Lindsay à Drummondville, là où il devra demeurer pour le reste des procédures. L’accusé de 21 ans, qui est soupçonné d’avoir fauché la vie de Jeannot Beaupré, 63 ans, dans un délit de fuite mortel, ne semblait pas affecté outre mesure par le processus judiciaire qui l’attend. À plusieurs reprises, il a souri et fait des signes de contentement aux caméras et journalistes qui attendaient sa sortie du palais de justice.

On se souviendra que le jeune homme fait face à trois chefs d’accusation en lien avec ce délit de fuite qui a causé la mort de Jeannot Beaupré, au pied de la côte Plouffe jeudi midi. Selon les premières constatations, un policier à pied aurait tenté de parler au jeune homme qui se trouvait dans son véhicule, après que le détecteur de plaques d’immatriculation eut détecté une plaque impayée. Le jeune homme aurait alors fui les lieux et roulé à une vitesse estimée à 100 km/h, avant de percuter le véhicule de la victime ainsi que d’autres véhicules à l’intersection de la côte Plouffe et de la rue Sainte-Marguerite.

Il fait maintenant face à trois chefs d’accusation, dont conduite dangereuse causant la mort et fuite d’un agent de la paix causant la mort. Ce seul chef pourrait lui valoir une peine d’emprisonnement à perpétuité.

La cour a toutefois consenti à lui rendre sa liberté pour la suite des procédures, mais il devra respecter de sévères conditions. Il s’est d’abord engagé pour un montant de 10 000$ sans dépôt, et son père s’engage également pour 5000$ sans dépôt. Il lui sera interdit de conduire tout véhicule moteur et a dû remettre son permis de conduire. Par ailleurs, Niyonkuru ne pourra pas quitter le Québec ni présenter une demande de passeport, et devra poursuivre ses cours de francisation. Le jeune homme qui parle le Kirundi, un dialecte de l’Afrique de l’Est, a eu recours à un interprète lundi midi lors de son retour en cour, interprète qui a aussi dû traduire l’ensemble des procédures pour le père du suspect, qui était présent pour offrir des garanties.

L’accusé n’a en outre pas le droit d’entrer en contact avec trois témoins potentiels, de même qu’avec les membres de la famille de Jeannot Beaupré. Il devra demeurer au domicile familial, sur la rue Lindsay à Drummondville, où il devra respecter un couvre-feu entre 22 h et 6 h le matin.

Selon le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, ces nombreuses conditions étaient objectivement acceptables pour la poursuite afin de fournir les garanties nécessaires à assurer la protection du public. 

«L’accusé a été remis en liberté avec le consentement de la poursuite. À ce stade-ci, bien que la poursuite est moralement convaincue d’établir la culpabilité, la loi, la règle veut que l’accusé doit être remis en liberté à moins d’exception. La Couronne a consenti à la remise en liberté en s’assurant que l’individu va demeurer dans le ressort du tribunal pour subir le reste des procédures judiciaires, mais également que la sécurité du public va être assurée notamment en interdisant à monsieur de pouvoir conduire un véhicule. S’il omettait de respecter ces conditions, jusqu’à 15 000$ pourraient être saisis auprès de lui-même ou des cautions qui se sont engagées à ce qu’il respecte les conditions. Son père va se porter garant de lui et agir comme surveillant auprès de lui pour garantir qu’il respecte ses conditions», indique Me Beauchamp-Laliberté.

Ce dernier n’a par ailleurs pas écarté la possibilité que d’autres accusations soient portées contre le suspect. «Il y a effectivement d’autres véhicules qui ont été impliqués dans la collision. Il y a toujours de l’enquête qui est en cours notamment concernant d’éventuelles lésions à différentes personnes. Cependant, il y a encore certains éléments d’enquête à obtenir avant de déterminer s’il y aura ou non d’autres chefs d’accusation», a ajouté le procureur.

Ni l’accusé ni sa famille n’ont souhaité s’adresser aux médias.

Sa cause a été reportée au 5 octobre pour divulgation complète de la preuve.