François Bourassa a récemment déposé une poursuite de 1 215 000$ contre la résidence où son père est mort en février 2017. Le coroner Luc Malouin a d’ailleurs déposé son rapport concernant ce décès il y a une semaine.

Déjà poursuivie pour 1,2 M$

TROIS-RIVIÈRES — La résidence La Villa du jardin fleuri fait actuellement l’objet d’une poursuite de 1 215 000 $ de la part du fils d’André Bourassa, décédé à l’extérieur de sa chambre alors qu’il était résident de l’endroit, une poursuite qui sera déposée d'ici quelques jours, confirme son avocat. Avec en main le rapport du coroner qui concluait déjà que la résidence n’était clairement pas adaptée pour recevoir des personnes en perte d’autonomie, François Bourassa espère aujourd’hui alerter les autorités pour qu’elles jettent une attention particulière à toutes les résidences apparentées à la Villa du jardin fleuri.

François Bourassa admet qu’il a été secoué, mardi matin, en apprenant à son réveil que la résidence où son père a connu une fin tragique, le 26 février 2017, avait été complètement détruite par les flammes. «Ma première pensée a été de me dire: une chance qu’il n’y avait plus personne à l’intérieur. Ça a flambé d’un seul coup, comme des ballots de foin. Vous vous imaginez s’il avait fallu que des personnes âgées demeurent encore à cet endroit? On aurait eu des morts, c’est évident», croit-il.

Rappelons que le père de François Bourassa, André Bourassa, avait été retrouvé sans vie à l’extérieur de sa chambre le 26 février 2017. Selon le coroner Luc Malouin, dont le rapport a justement été déposé il y a une semaine, l’homme est décédé d’hypothermie. André Bourassa, qui souffrait de problèmes cognitifs et était en perte d’autonomie, avait été placé à cet endroit sous recommandation du CLSC.

Durant la nuit, il était sorti de sa chambre, possiblement par confusion, pour se retrouver embarré à l’extérieur, alors que le système ne permettait pas d’ouvrir la porte de l’extérieur. Confus, il n’avait pas pu regagner l’entrée principale de la résidence et est mort de froid.

Un incident qui s’était produit une autre fois, quelques mois auparavant alors qu’une dame âgée s’était également retrouvée embarrée à l’extérieur de sa chambre. Tentant d’aller chercher de l’aide, elle avait trébuché avec sa marchette et avait été gravement blessée. Elle était décédée quelques jours plus tard, des suites de ses blessures.

Dans son rapport, le coroner Malouin indique que «malgré les représentations des autorités à l’effet contraire, une grande partie de la Villa du jardin fleuri était un endroit non adapté pour les personnes en perte d’autonomie, car plusieurs chambres avaient une porte donnant directement sur l’extérieur de sorte que les personnes souffrant d’errance pouvaient se retrouver à l’extérieur de la résidence sans que le personnel ne s’en rende compte», indique le coroner, qui ajoute que les familles n’étaient à aucun moment informées des risques liés à ces installations. «Les membres des familles pensaient avoir un endroit où ils seraient en sécurité alors que ce n’était pas le cas», ajoute-t-il. Toutefois, étant donné la fermeture de la ressource et la relocalisation des autres résidents, le coroner n’a émis aucune recommandation.

Poursuite
Pour sa part, François Bourassa n’a pas attendu les conclusions du coroner pour mettre à exécution sa menace de poursuite contre les propriétaires et gestionnaires de la ressource où son père a trouvé la mort. Une première mise en demeure avait été envoyée au début de 2018 à plusieurs compagnies à numéro propriétaires de l’entreprise, de même qu’à l’ancienne directrice générale de la ressource, Johanne Bolduc. Devant l’absence de réponse des gestionnaires de la résidence, une poursuite sera déposée dans les prochains jours devant la Cour supérieure, confirme son avocat. Le plaignant réclame 1 215 000$, principalement pour dommages punitifs, perte de soutien moral, perte de revenus et remboursement des frais funéraires.

Celui qui indique maintenant savoir que les mêmes gestionnaires sont actuellement responsables de cinq autres résidences pour personnes âgées, toutes situées dans les régions de Granby et Valleyfield, espère désormais que les autorités compétentes porteront une attention particulière à ces ressources, et il entend faire des démarches pour que cela se fasse.

«Si on a relevé autant d’anomalies à la résidence de Trois-Rivières, je serais très surpris que les autres résidences soient gérées de façon impeccable. Il va falloir que quelqu’un s’en préoccupe», a-t-il lancé.

Le Nouvelliste a tenté de joindre l’un des principaux actionnaires de la Villa du jardin fleuri mardi, Abraham Kaufman, mais il a été impossible pour nous de lui parler.