Le coroner Pascal Pelletier a été saisi de nouvelles informations concernant la mort suspecte survenue à la Maison Carignan en décembre 2016.

Décès à la Maison Carignan: que s'est-il vraiment passé?

Trois-Rivières — De nouveaux éléments portés à l’attention du coroner Pascal Pelletier pourraient venir modifier ses conclusions quant au rapport rendu public la semaine dernière sur le décès d’une jeune femme de 21 ans au centre de thérapie Maison Carignan de Trois-Rivières. La jeune femme, qui avait réussi à consommer des stupéfiants à l’intérieur du centre, avait succombé à une surdose de drogues.

Le coroner Pelletier, dans son rapport, avait conclu à une mort accidentelle et aucune recommandation ni aucun blâme n’avaient été adressés à l’endroit du centre de thérapie. On indiquait d’ailleurs que ce décès mettait en évidence la difficulté d’exercer un contrôle absolu de l’entrée de drogues à l’intérieur d’un centre «ouvert» de thérapie pour dépendances.

Or, des témoignages recueillis depuis la semaine dernière et qui venaient remettre en doute les conclusions du coroner incitent désormais ce dernier à prendre en considération ces nouvelles informations et, éventuellement, les intégrer aux conclusions du rapport.

La semaine dernière, une ancienne résidente avait confié au Nouvelliste avoir accompagné la victime le soir de son retour à la Maison Carignan, après une sortie autorisée où elle avait admis avoir consommé des stupéfiants. La résidente avait raconté dans quel état de détresse se trouvait la jeune femme qui craignait de retourner en prison le lendemain pour avoir brisé ses engagements. Par ailleurs, l’ex-résidente déplorait que les intervenants n’aient pas fait appel le soir même aux policiers pour ce bris de conditions et aient attendu au lendemain.

Jeudi, un autre ancien résident a indiqué à Radio-Canada Mauricie avoir recueilli des propos suicidaires de la jeune femme le soir où elle est retournée au centre de thérapie. «Elle m’a dit: je leur ai avoué (aux intervenants) que j’avais consommé pendant ma fin de semaine. Ils vont appeler la police, je vais retourner en prison et je ne veux pas retourner en prison. Moi je me pète la face ce soir, je me passe et c’est fini», a raconté Zacharie Bouffard.

Ce témoignage n’avait pas été porté à l’attention du coroner Pascal Pelletier. «Cet homme ne s’était pas manifesté et n’a pas eu d’entrevue avec les policiers. Si j’avais eu sa déposition au moment de l’enquête, ça aurait été différent. C’est étonnant qu’il se manifeste un an plus tard, mais ce qu’il nous dit, il faut en tenir compte. C’est un témoignage qui nous dit que la dame aurait pu tenir des propos suicidaires», a indiqué le coroner Pascal Pelletier en entrevue au Nouvelliste.

Sans dire que l’enquête sera rouverte, le coroner note aujourd’hui que son bureau est à regarder comment le témoignage de M. Bouffard pourra être pris en considération. «S’il avait mentionné à quiconque ce qu’il savait, ça aurait fait une différence. Ce n’est pas un rapport que j’ai produit sur le coin d’une table, il y a eu plusieurs heures d’investigation en partenariat avec les policiers. 

Maintenant, il faut voir comment on peut prendre en considération son témoignage», indique Dr Pelletier.
Sans vouloir s’avancer sur les suites possibles, ce dernier indique qu’il pourrait, par exemple, y avoir un amendement ajouté au rapport si les conclusions devaient être différentes au terme des vérifications de ces nouvelles informations.