Lyndia Hamel, 21 ans, est décédée des suites d’une surdose de drogues à la Maison Carignan en décembre 2016.

Décès à la Maison Carignan: début de l’enquête publique du coroner

Trois-Rivières — C’est ce mardi que commence à Trois-Rivières l’enquête publique du coroner portant sur la mort de la jeune Lyndia Hamel, décédée par surdose de drogues à l’intérieur des murs de la Maison Carignan. La jeune femme de 21 ans qui fréquentait le centre de thérapie pour le traitement des dépendances avait été retrouvée sans vie le 27 décembre 2016 dans une chambre du centre, un dossier qui fera l’objet de témoignages et d’expertises au cours des prochains jours au palais de justice de Trois-Rivières.

On se souviendra que Lyndia Hamel avait été retrouvée sans vie après être revenue d’une sortie d’une journée. Le rapport du coroner Pascal Pelletier faisait état d’une mort accidentelle par surdose.

Toutefois, au lendemain de la publication de ce rapport, plusieurs voix, dont d’anciens résidents qui étaient présents le soir où Mme Hamel a perdu la vie, ont remis en question ces conclusions, soutenant plutôt que la jeune femme aurait manifesté des intentions suicidaires, ayant été informée par les dirigeants qu’elle retournerait en prison le lendemain pour avoir manqué à certaines ordonnances de la cour. Certains de ces résidents ont soulevé des doutes sur la notion de négligence criminelle, soutenant qu’on n’aurait pas apporté l’aide nécessaire à Mme Hamel compte tenu des circonstances.

Devant ces nouvelles informations, le Bureau du coroner a choisi de déclencher une enquête publique pour faire la lumière sur cette histoire. Entre-temps, la Sécurité publique de Trois-Rivières a ouvert une enquête pour vérifier si des éléments de nature criminelle ne pourraient pas avoir joué un rôle dans le décès de la jeune femme. En avril dernier, la procureure de la Couronne Me Catherine Lacoursière confirmait qu’aucune accusation criminelle ne serait déposée dans ce dossier.

À compter d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, un peu plus d’une quinzaine de témoins défileront devant la coroner Andrée Kronström, chargée de présider cette enquête publique. Parmi ces témoins, on compte des enquêteurs de la police de Trois-Rivières ayant eu à intervenir le jour du décès de la jeune femme, d’anciens résidents de la ressource pour alcooliques et toxicomanes ayant été témoins des faits, de même que celui qui était directeur général de la Maison Carignan au moment des faits, Alain Poitras. L’actuelle directrice générale, Valérie Piché, figure également sur la liste des témoins, bien qu’elle n’était pas en poste lors des événements. Il n’est cependant pas impossible que la coroner cherche également à comprendre les façons actuelles de faire de la Maison Carignan, et de savoir si des méthodes ont été modifiées depuis les événements.

On procédera également à la lecture de certaines dépositions de témoins qui ne seront toutefois pas présents lors de ces audiences.

Par ailleurs, le déroulement de l’enquête, rendu public cette semaine, nous laisse aussi comprendre que les audiences se poursuivront au-delà de ces quatre jours, alors que des journées d’audiences ont également été prévues cet automne. À ce moment, on procédera tant à l’étude de recommandations qu’à la représentation de parties intéressées au dossier, notamment la mère de Lyndia Hamel, de même que son ami d’enfance Étienne Fréchette.

Rappelons que le mandat du coroner lors d’une enquête publique n’est pas de se prononcer sur la responsabilité civile ou criminelle d’une personne, mais bien de faire la lumière sur les circonstances d’un décès et, au besoin, de formuler des recommandations visant notamment à améliorer certaines pratiques ou certains systèmes pour éviter que de nouveaux décès puissent survenir dans les mêmes circonstances.