Début du procès d'un ancien propriétaire de bar pour agression sexuelle

Le procès de Marcel Gauvin s'est ouvert au palais de justice de La Tuque, mercredi. L'un des anciens propriétaires du bar l'Influence est accusé d'agression sexuelle et d'avoir commis un acte de grossière indécence en 1986.
La poursuite a commencé sa preuve en faisant entendre la plaignante dans le dossier, une femme dans la quarantaine. Cette dernière était âgée de 16 ans au moment des faits qui sont reprochés à M. Gauvin, aujourd'hui âgé de 67 ans.
La plaignante est venue raconter la trame des événements de 1986. La femme avait prévu dormir chez l'accusé parce qu'il était «quelqu'un de confiance». Après une tournée des bars de La Tuque, M. Gauvin l'a raccompagnée dans son appartement. Elle a avoué être très affectée par l'alcool à ce moment, avant de rentrer dans les détails de l'agression avec émotions.
«Pendant que je dormais, il est arrivé dans la chambre», a-t-elle raconté.
L'accusé aurait ensuite essayé de défaire la fermeture éclair de sa robe. Elle aurait tenté de le repousser avec son bras alors qu'elle était «à moitié endormie, à moitié saoule».
«Quand il a vu que je ne voulais pas, c'est devenu plus violent [...] J'ai essayé de me débattre», a-t-elle souligné.
Elle a expliqué à la juge Dominique Slater qu'elle se souvient avoir été pénétrée par l'accusé.
«Il aurait pu avoir un bâton de baseball et me défoncer en dedans, ça n'aurait pas été pire», a-t-elle lancé.
«Ce n'était rien de ce à quoi on s'attend d'une première fois. Il n'y avait pas d'amour, de tendresse, ni de douceur», a-t-elle ajouté un peu plus loin.
La plaignante a également confié avoir perdu connaissance à deux reprises lors de l'agression. Elle a mentionné que c'est l'accusé lui-même qui l'a ramenée chez elle à des dizaines de kilomètres de là.
«J'avais peur qu'il me tue. Il aurait pu me tirer dans le Saint-Maurice», a-t-elle raconté en parlant du trajet dans la voiture.
En revenant à son domicile, elle a dit avoir eu mal partout tellement elle s'était débattue lors de l'agression.
«C'est comme si j'avais ramé trois jours de temps, cordé neuf cordes de bois et couru un marathon», a-t-elle imagé.
La plaignante a également mentionné que l'accusé l'a appelée à quelques reprises pour s'assurer qu'elle n'était pas enceinte. Elle avait noté un peu plus tôt dans son témoignage avoir remarqué du sperme sur ses cuisses lorsqu'elle s'était changée.
En contre-interrogatoire, la plaignante a dû s'expliquer sur plusieurs différences entre son témoignage à la cour, son témoignage lors de l'enquête préliminaire et ses déclarations faites aux policiers.
«Ça fait 30 ans... Si j'avais un chandail rouge, je ne le sais pas, mais ce qu'il m'a fait je m'en rappelle en ... », a-t-elle lancé.
Pendant plus de trois heures, Me Simon Ricard l'a questionnée sur des contradictions au bar, concernant le logement, la trame des événements, les dates, la façon dont elle est retournée chez elle...
La plaignante a reconnu que des réponses variaient par endroits, elle a affirmé que c'était «un paquet de morceaux de casse-tête qui reviennent» dans sa tête.
«Votre mémoire s'améliore sur certains points et s'effrite sur d'autres c'est ça?», a questionné Me Ricard.
Elle a également été interrogée sur le fait qu'elle n'ait pas demandé de l'aide après l'événement.
«J'avais 16 ans, je venais d'être violée, j'étais complètement traumatisée, j'avais la honte qui m'habitait, la culpabilité... », a-t-elle expliqué. 
L'avocat de la défense a demandé au témoin de la poursuite si elle avait crié à l'aide ou au secours pendant l'agression, à quelle intensité et sur quel ton.
À m'en brûler les poumons a-t-elle répondu avant de carrément crier en salle d'audience «Non, lâche-moi».
La plaignante a aussi mentionné avoir eu une période où elle était «complètement désorganisée» alors que les événements refaisaient surface. Elle a aussi dû expliquer des «épisodes de dissociation».
Me Ricard a aussi fait avouer à la plaignante qu'elle avait été incapable de localiser la maison de l'accusé. Le procès de l'accusé se poursuivra jeudi.