Sylvain Duquette avait été arrêté tard le soir du 5 avril 2017, au terme d’une cavale meurtrière.

De douloureux souvenirs

TROIS-RIVIÈRES — Il y a un an jour pour jour, c’est un véritable scénario d’horreur qui se jouait dans la région. Trois femmes ont été froidement assassinées au Centre-de-la-Mauricie, dans deux résidences situées à quelques mètres de distance l’une de l’autre. Au terme de cette histoire, Sylvain Duquette, aujourd’hui âgé de 52 ans, a été arrêté et accusé des trois meurtres prémédités de sa belle-mère Jocelyne Pellerin, de sa belle-sœur Denise Hallé et de l’amie de cette dernière, Janet Lauzon-Toupin. Il aurait également tenté de tuer son père, qui a réussi à se sortir de cet enfer.

Dans les jours précédant le drame, Duquette avait publié sur son compte Facebook une lettre expliquant à quel point il réservait «un chien de ma chienne à ceux qui le mérite (sic)». L’homme, qui était sans emploi et sans domicile, avait logé chez Denise Hallé pendant quelque temps avant que celle-ci ne lui demande de quitter et de se trouver un nouvel endroit où rester. Des témoins auront aussi rapporté que le père de Sylvain Duquette lui était souvent venu en aide financièrement. Toutefois, dans ce même message, Duquette reprochait à son père de ne plus lui offrir son aide.

Le soir du 5 avril 2017, le suspect se serait rendu à la résidence de son père, située sur le chemin du Méandre à Saint-Mathieu-du-Parc, où il aurait fait vivre des heures d’enfer à son père et sa belle-mère. Il aurait ensuite ligoté Jocelyne Pellerin avant de l’assassiner, puis d’asperger d’essence son père Claude Duquette et de tenter de mettre le feu à la maison. M. Duquette avait toutefois réussi à prendre la fuite et à trouver refuge chez des voisins pour contacter les autorités.

Le suspect se serait ensuite rendu sur le chemin du Lac-Marchand, à la résidence de sa belle-sœur, Denise Hallé. Il aurait froidement assassiné la dame ainsi qu’une proche, Janet Lauzon-Toupin, qui se trouvait en visite de l’Ontario. La Sûreté du Québec a confirmé que l’homme aurait également tenté d’incendier les deux résidences après avoir commis ses crimes. Un bambin, le petit-fils de Mme Lauzon-Toupin, se trouvait également sur les lieux et avait réussi à fuir pour trouver refuge chez des proches qui habitent sur cette rue.

Sylvain Duquette s’était arrêté à la station-service Irving de la rue Trudel, à l’intersection de l’Avenue de la Montagne, où il aurait tenté de faire le plein de bidons d’essence. C’est à cet endroit que sa cavale s’est terminée alors qu’il a été repéré par la Sûreté du Québec et mis en état d’arrestation.

Les témoignages de sympathie ont fusé de toutes parts les jours suivant le drame. Les trois victimes étaient connues et appréciées dans leur milieu. Partout, les amis et les proches ont souligné leur gentillesse, leur implication dans la communauté et leur générosité, jusqu’en Ontario où les funérailles de Mme Lauzon-Toupin avaient été célébrées dans la petite communauté de Prescott.

La petite maison du chemin du Lac-Marchand a été démolie quelques semaines après le drame, à la demande de la famille de Denise Hallé.

Communauté sous le choc
Le conseiller municipal du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à l’époque, Serge Aubry, se souvient à quel point la communauté avait été ébranlée par cet événement. «Les gens de ce secteur-là avaient été très affectés. Ils ont été troublés longtemps et je suis persuadé que certains le sont encore aujourd’hui. C’est loin d’être une histoire banale», mentionne-t-il, rappelant à quel point Denise Hallé était une personne connue et respectée dans le milieu. «C’était une personne qui était bien aimée de tous, une personne très généreuse de son temps. Elle s’était impliquée dans l’association des résidents du secteur, et donnait des cours d’anglais. Elle était très connue dans le secteur et la nouvelle a été un choc pour tout le monde», souligne Serge Aubry.

Même son de cloche du côté de Saint-Mathieu-du-Parc, où la municipalité avait déployé des efforts pour soutenir la famille et les voisins touchés par ce drame. «J’étais allé à la rencontre des voisins pour leur offrir du soutien, de l’accompagnement. Les gens ont été très secoués et auraient pu avoir besoin d’aide. J’imagine qu’ils ont eu des services ailleurs mais de notre côté, il n’y a pas eu de suite», se souvient le maire de l’époque, Claude McManus.

Ce dernier, lui-même retraité de la Sûreté du Québec, indique qu’on ne peut jamais s’habituer lorsque des drames comme ceux-là surviennent. «Nous sommes confrontés à toutes sortes de problèmes sociaux, que ce soit de la détresse ou des troubles de santé mentale. L’expérience nous apprend que ça peut arriver n’importe où, mais quand ça frappe à côté de chez nous, c’est difficile à vivre. C’est surtout aux familles que je pense, à ceux qui restent et qui doivent vivre avec le drame, avec les démêlés judiciaires aussi», mentionne Claude McManus.

La cause de Sylvain Duquette a été maintes fois reportée au cours de la dernière année au palais de justice de Shawinigan, la communication de la preuve n’étant pas complétée. Toutefois, il a récemment été convenu que son dossier reviendrait devant la cour le 28 mai pour prendre position.