Daren Leclerc

Daren Leclerc nie les agressions

TROIS-RIVIÈRES — Daren Leclerc, ce jeune homme de Saint-Luc-de-Vincennes accusé d’agressions sexuelles sur trois jeunes filles en 2016, a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés.

Il reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec les trois plaignantes mais il affirme que ces dernières étaient consentantes. Il réfute également tout geste de violence. C’est du moins ce qui ressort de son témoignage dans le cadre du procès qu’il subit au palais de justice de Trois-Rivières.

Rappelons qu’il est accusé d’avoir agressé sexuellement une jeune femme de 18 ans entre le 20 et le 24 septembre 2016. Puis, en octobre 2016, il aurait récidivé avec une adolescente de 16 ans, en plus de lui infliger des voies de fait, de lui proférer des menaces de mort et de se livrer à du harcèlement criminel. Enfin, il fait face à d’autres accusations d’agression sexuelle pour des événements survenus également en octobre 2016 mais cette fois-ci contre une femme de 20 ans.

Dans le cas de la première plaignante, l’agression sexuelle serait survenue au terme d’une soirée où elle aurait consommé alcool et GHB. Selon elle, c’est justement parce qu’elle était intoxiquée que Daren Leclerc lui aurait proposé de la ramener chez lui afin que son père ne la voie pas dans cet état. Il en aurait alors profité pour l’agresser.

Or, Daren Leclerc a admis l’avoir invitée chez lui mais soutient qu’elle était dans le même état que d’habitude en dépit de la drogue qu’elle avait prise. Il prétend que la relation sexuelle qu’ils ont eue était consentante. Il a ensuite appris par le biais de sa nouvelle copine que la plaignante prétendait avoir été violée. «Je lui ai écrit que ce n’était pas vrai et que ça n’avait pas d’allure. Et elle m’a répondu: ‘‘Je ne m’en mêle pas. Hahaha!’’»

La seconde plaignante n’avait que 16 ans au moment des événements. Elle aurait été victime des agressions sexuelles du suspect en octobre 2016 au point avoir pensé mourir tant il était brutal avec elle. Malgré tout, elle avait accepté de le revoir. Ils se sont même inscrits comme couple sur Facebook mais rapidement, leurs fréquentations seraient devenues houleuses. Un soir, il l’aurait déshabillée violemment et l’aurait violée. Ils seraient par la suite partis faire une balade en auto au cours de laquelle il lui aurait proféré des menaces. Il lui aurait dit qu’elle allait se faire violer et que sa famille ne la retrouverait pas. Elle aurait alors sorti un exacto de son sac mais il s’en serait emparé, aurait retiré la lame et l’aurait jetée. Et lorsqu’ils sont revenus au domicile de l’accusé, il l’aurait frappée, prise à la gorge et violée de nouveau à quelques reprises au cours de la nuit. Ces agressions lui auraient d’ailleurs laissé des marques sur le corps.

Or, dans sa défense, Daren Leclerc donne sa version. «Je n’ai jamais levé la main sur elle, ni prise à la gorge. À tous les moments, elle était consentante», mentionne-t-il. Il a parlé aussi de disputes et d’épisodes de jalousie notamment lorsqu’elle a vu la photo d’une femme en legging sur son cellulaire. Il se rappelle avoir trouvé son comportement immature. La jeune fille se serait ensuite excusée.

Quant à l’épisode avec l’exacto, il affirme qu’elle avait alors un comportement suicidaire et menaçant. «Elle a sorti un exacto et a menacé de me piquer. Je lui ai enlevé et j’ai jeté la lame par terre. J’ai ensuite composé 91 sur mon cellulaire et je lui ai remis», a-t-il déclaré.

Quant à la troisième plaignante, les événements seraient également survenus en octobre 2016. Ils s’étaient tout d’abord fréquentés en février mais la relation n’avait pas duré. La plaignante a ensuite voulu le fréquenter à nouveau mais ce dernier refusait de la revoir. Ce n’est que plusieurs mois plus tard, soit le 26 octobre, qu’il aurait accepté de la voir. Elle l’avait invité chez elle. Selon elle, il aurait employé la force à son endroit pour avoir une relation sexuelle. Daren Leclerc parle plutôt d’un massage puis d’une relation sexuelle consentante. «Elle m’avait même invité chez elle en me disant que le champ était libre», a-t-il précisé.

Puis, le 28 octobre, la plaignante aurait initié une nouvelle rencontre chez lui pour parler de leur rupture de février. Amoureuse, elle insistait pour le fréquenter à nouveau mais ce dernier a refusé. Il se serait cependant livré à des attouchements sur ses parties intimes et aurait essayé de la pénétrer. Le prévenu parle encore une fois de relations sexuelles consentantes.

Dans le cadre du contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne Me Hippolite Brin a par la suite tenté de miner sa crédibilité en relevant des contradictions dans son témoignage tout comme les avocats de la défense, Me Alexandre Biron et Me Matthieu Poliquin, l’avaient fait avec les trois plaignantes. Dans cette cause, la juge Guylaine Tremblay aura justement la lourde tâche d’évaluer la crédibilité de l’accusé et des plaignantes afin de rendre un verdict.