Daniel Chachai plaide coupable

La Tuque — Daniel Chachai était de retour devant la justice, mercredi. L’individu, bien connu des milieux policiers, a été reconnu coupable de harcèlement criminel en lien avec les événements qui se sont produits près de l’école Jacques-Buteux en avril dernier alors qu’une jeune fille avait échappé à une tentative d’enlèvement.

L’homme avait interpellé la fille de 12 ans, qui était avec ses frères, au coin des rues Saint-Georges et Kitchener. Il lui aurait demandé à plusieurs reprises de le suivre. L’individu était intoxiqué au moment des faits. Les policiers de la Sûreté du Québec de La Tuque avaient été avisés et avaient immédiatement commencé les recherches afin de retracer l’homme qui avait été rapidement arrêté.

La grand-mère de la jeune fille s’est adressée à la cour. Elle a lu une lettre écrite par la jeune fille elle-même qui n’était pas présente.

«Depuis l’incident, je n’arrive plus à me promener seule sans imaginer le pire. Je suis terriblement angoissée. Quand je vois un homme m’observer de loin, je stresse et je ressens le même sentiment que j’ai éprouvé au mois d’avril. Un sentiment de peur et de panique. […] J’évite de sortir dehors. Depuis, je dors de jour et je veille la nuit, car je n’arrive pas à m’endormir et cela provoque des manques de concentration à l’école et dans mes travaux. J’ai demandé à mon père et ma grand-mère un téléphone portable pour les appeler et de prendre des cours d’autodéfense», a-t-elle lu.

La grand-mère de la jeune fille a également affirmé avec beaucoup d’émotions que depuis les événements, sa petite-fille n’était plus la même.

«Comme grand-maman, ça m’attriste de voir ma petite-fille qui était si joyeuse, être rendue si triste, ne plus avoir ses yeux pétillants, d’avoir perdu son sourire et de pleurer tout le temps. Elle a changé complètement», a-t-elle ajouté.

Daniel Chachai a également pris la parole. Il a tenu à offrir ses excuses à la jeune fille.

Les avocats ont soumis une suggestion commune au juge. Une peine d’emprisonnement de 21 mois, moins le temps préventif, donc 18 mois à compter d’aujourd’hui. À sa sortie de prison, Daniel Chachai devra se soumettre à une probation de trois ans avec de nombreuses conditions et un suivi de trois ans.

«Ce qu’on veut, c’est l’encadrer», a indiqué Me Éric Thériaut.

Le procureur de la Couronne a beaucoup insisté sur l’importance d’interdire à Daniel Chachai de consommer de l’alcool. Il n’a pas manqué de souligner que la majorité de ces antécédents judiciaires étaient reliés à l’alcool.

«Quand il ne consomme pas, il n’est pas dangereux. Son problème c’est l’alcool. Il faut régler […] Si on ne l’aide pas, le risque de récidive sera bien présent», a-t-il lancé.

«Ce n’est pas une condition gratuite, elle est essentielle», a-t-il ajouté.

Daniel Chachai devra suivre une thérapie concernant son problème de toxicomanie. Il lui sera interdit de communiquer avec la plaignante et de se trouver à moins de 250 mètres d’un endroit où elle pourrait résider. Il ne pourra pas être en présence physique de personne mineure sauf en compagnie d’un adulte responsable au courant des accusations.

Le juge David Bouchard a entériné la suggestion commune des deux avocats.

Daniel Chachai, 62 ans, a un lourd passé criminel en matière de crime sexuel, contacts sexuels, agression sexuelle, action indécente... En 2015, entre autres, l’individu a été reconnu coupable de contact sexuel sur une mineure.