Réal Rousseau

Crimes sexuels sur une mineure: Réal Rousseau fait volte-face

Au moment même où il devait recevoir sa sentence pour des crimes sexuels commis sur une mineure, Réal Rousseau a fait volte-face jeudi matin, en niant avoir eu des relations sexuelles complètes avec celle-ci, ce qui nécessitera la tenue d'un procès.
Ce Trifluvien de 77 ans avait pourtant plaidé coupable en janvier 2017 à des accusations de nature sexuelle sur la victime. À deux reprises, il avait clairement admis les faits qui lui sont reprochés entre 1974 et 1979. La victime était âgée entre 8 et 13 ans. 
Alors qu'il s'apprêtait à prononcer la sentence, le juge Jacques Trudel a cependant pris soin de vérifier une nouvelle fois si Réal Rousseau admettait avoir eu des relations sexuelles complètes avec elle compte tenu de la nature des infractions portées contre lui. Le juge lui a donc posé la question directement en tenant compte du fait qu'il n'a pas d'avocat pour le défendre. À la surprise de tous, Rousseau a répondu par la négative en ajoutant même que c'était ridicule et impossible. 
La procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, s'est immédiatement levée en rappelant au tribunal que les faits lui avaient été résumés à deux reprises et que le prévenu les avait pourtant admis, et ce, de façon très claire même s'il n'est pas représenté par un avocat. 
Or, le juge a rappelé qu'une sentence ne peut être imposée sans un plaidoyer de culpabilité clair et sans ambiguïté. Par le fait même, il a refusé son plaidoyer de sorte que Rousseau devra désormais subir un procès. 
Dans le contexte de l'arrêt Jordan, il a aussi pris soin de préciser que les délais de cette affaire étaient uniquement attribuables à l'accusé en raison de son indécision et de son manque de compréhension. «Tout a été fait pour que le processus judiciaire suive son cours rapidement dans cette affaire», a-t-il mentionné.  
Le dossier a été reporté au 29 juin. À cette date, il subira une enquête préliminaire non seulement sur cette affaire mais également sur trois autres dossiers connexes, soit viol, grossière indécence et attentat à la pudeur qui auraient été commis sur d'autres victimes entre 1975 et 1981. S'il devait être reconnu coupable au terme de son procès, la peine pourrait être plus sévère puisqu'il ne pourra pas bénéficier d'un facteur atténuant relatif à un plaidoyer de culpabilité. 
Rappelons également que lors des représentations sur sentence qui avaient eu lieu en mai dernier, la Couronne avait réclamé une peine de cinq ans de prison pour les abus sexuels perpétrés sur la victime de Rousseau entre 1974 et 1979.  
Présente dans la salle d'audience jeudi pour la sentence, cette dernière a éclaté en sanglots lorsque son présumé agresseur a finalement décidé de nier les faits. Elle avait déjà expliqué avoir eu une enfance marquée par la tristesse. Elle avait confronté Rousseau à trois reprises dans l'espoir de l'entendre exprimer des regrets. Au juge, elle avait dit souhaiter une chose: être crue. Elle avait aussi insisté sur le fait qu'elle ne voulait pas être responsable d'une éventuelle récidive en gardant le silence. C'est une des raisons qui l'avait incitée à porter plainte en 2014.
Dans le rapport présentenciel et sexologique de Rousseau, on y avait précisé que ce dernier avait de la difficulté à reconnaître ses gestes même s'il avait plaidé coupable, ayant plutôt tendance à les banaliser et à les minimiser. Il n'aurait d'ailleurs pas fait de travail d'introspection ou de thérapie depuis son arrestation en mai 2016.
C'est également une des raisons pour lesquelles le juge Trudel avait pris soin de le questionner une nouvelle fois avant de lui imposer la peine. Une enquête préliminaire aura donc lieu, suivie éventuellement d'un procès, ce qui obligera les victimes à témoigner.