Miguel Blais

Crimes sexuels sur des enfants: deux ans de prison pour Miguel Blais

C'est une peine de deux ans de pénitencier qui a été imposée à Miguel Blais pour divers crimes sexuels, dont des attouchements sur un bébé de deux ans. 
Compte tenu de la gravité des crimes et du risque de récidive qui est toujours présent, le juge Jacques Lacoursière a en effet conclu que l'individu de 31 ans devait prendre le chemin du pénitencier pour rencontrer les facteurs de dénonciation et de dissuasion pour ce type de crime.
Toutefois, il a également tenu compte du critère de réhabilitation en le soumettant à une probation de trois ans avec un suivi pendant deux ans. C'est pourquoi il a opté pour une peine de deux ans de pénitencier précisément, incluant les neuf jours de détention préventive. La loi prévoit qu'à partir de deux ans et un jour dans le système carcéral fédéral, il ne pourrait pas être admissible à une probation comme c'est le cas pour toutes les peines au niveau provincial.
Rappelons que Miguel Blais a plaidé coupable à plusieurs crimes de nature sexuelle. L'un d'eux est d'avoir eu des contacts sexuels sur un bébé de deux ans à une reprise en 2010. Pendant que celui-ci dormait, il lui avait enlevé sa petite culotte afin de prendre des photos de ses parties génitales tout en se livrant à des attouchements.  
Il avait aussi admis avoir accédé, possédé, produit et distribué de la pornographie juvénile entre juillet 2010 et avril 2015. Les policiers avaient d'ailleurs retrouvé dans son ordinateur plus de 3700 fichiers illégaux sur lesquels on voyait des enfants âgés de 2 à 15 ans être victimes d'agressions sexuelles.
Il a également reconnu sa culpabilité à des chefs de voyeurisme. Pour ce faire, il avait installé une caméra dans une salle de bain afin de filmer des femmes à leur insu. 
Dans cette affaire, le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, avait réclamé une peine variant entre 30 et 36 mois de pénitencier. L'avocat de la défense, Me Alexandre Biron, avait plutôt suggéré une peine variant entre 18 à 24 mois de prison avec un suivi probatoire. 
Dans sa décision, le juge a évidemment tenu compte des facteurs aggravants. D'une part, la gravité des crimes est importante. Dans le cas du contact sexuel, il s'agit également d'un mauvais traitement à l'égard d'un enfant. 
D'ailleurs, les conséquences ont été importantes pour les parents même si la fillette dormait. Par le biais d'une déclaration des victimes, la mère a notamment fait savoir qu'elle ne comprenait pas comment une personne de confiance avait pu poser pareils gestes envers son enfant. Elle s'est sentie coupable de ne pas avoir su le protéger, ce à quoi le juge a rappelé qu'elle avait tort, car il était impossible de prévoir une telle situation. La mère s'est sentie d'autant plus trahie qu'elle fait également partie des victimes de voyeurisme. 
Quant à la  pornographie juvénile, le juge a aussi pris soin de rappeler qu'un seul fichier était toujours de trop puisqu'il implique obligatoirement un enfant abusé sexuellement. Le pire pour Miguel Blais demeure cependant les conclusions des rapports présentenciel et sexologique qui seraient peu encourageantes selon le juge.
De toute évidence, l'individu savait très bien ce qu'il faisait et comprenait les conséquences mais il a malgré tout persisté pendant cinq ans dans sa quête de sensations fortes. Le tribunal conclut donc qu'il représente toujours un danger pour la société en raison de son intérêt sexuel déviant et de son faible niveau d'introspection. 
D'un autre côté, Miguel Blais n'a aucun antécédent judiciaire, il a plaidé coupable, il a collaboré avec les autorités, il a toujours été un actif pour la société et il a entrepris un suivi psychologique depuis son arrestation le 8 avril 2015. 
Après ses deux ans de prison, Blais devra donc se soumettre à une probation pendant trois ans avec suivi pendant deux ans pour favoriser sa réinsertion sociale. Il devra suivre toute thérapie suggérée par son agent de probation en lien avec sa problématique sexuelle. 
Pendant dix ans, il lui sera également interdit de se rendre dans des endroits publics où il est susceptible de se trouver des enfants comme un parc ou une école. Il ne pourra pas occuper un emploi auprès d'eux et avoir des contacts avec des jeunes de moins de 16 ans sauf sous la supervision d'un adulte informé de ses problèmes et sans antécédents judiciaires. Il ne pourra pas non plus se rendre sur Internet sauf aux fins de travail légitime ou pour études. 
Enfin, il ne pourra pas posséder des armes et il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.