Un Trifluvien d’origine africaine connaîtra sa sentence en juin après avoir été déclaré coupable de voies de fait et de voies de fait armées sur son ex-conjointe et ses enfants.

Coupable de voies de fait sur sa famille

TROIS-RIVIÈRES — Un Trifluvien d’origine africaine vient d’être reconnu coupable de s’être livré à des voies de fait et des voies de fait armées avec une ceinture sur son ex-conjointe et ses enfants.

Bien que cet homme de 58 ans ait nié en bloc la maltraitance qui lui était reprochée, parlant plutôt de son droit aux corrections parentales, le juge Rosaire Larouche a rejeté son témoignage. Selon lui, l’accusé n’était pas crédible dans sa négation des faits. «Sa version ressemblait davantage à un exercice de justification et de diversion», a-t-il indiqué.

Ses propos autant que sa défense n’ont en effet pas réussi à soulever un doute raisonnable dans l’esprit du tribunal. L’homme était même allé jusqu’à parler d’un complot ourdi contre lui par les membres de sa famille visant à l’exclure de celle-ci à tel point qu’il avait envisagé d’aller s’établir seul dans une autre province.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, a fait vivre des moments d’enfer à sa famille depuis son arrivée au Canada en décembre 2013. Il a non seulement giflé à plusieurs reprises sa femme et ses enfants mais il a aussi utilisé une ceinture et des souliers pour les frapper.

Selon son ex-conjointe, les événements de violence ont commencé en Afrique pour ensuite se poursuivre au Québec. Elle avait cependant toujours refusé de dénoncer ses agissements car elle ne faisait pas confiance aux policiers de son pays. Elle croyait aussi qu’il allait changer.

Mais cela n’a pas été le cas. Dès qu’il était contrarié, il s’en prenait à elle et aux enfants. Dans le cadre de disputes conjugales, il la traitait souvent d’imbécile et de femme sans éducation. Elle avait notamment relaté au procès qu’il l’avait frappée dans la salle de bain, qu’elle avait alors perdu pied et qu’elle était tombée sur le rebord du bain. Enceinte de deux mois, elle avait perdu son enfant.

À cette époque, les quatre enfants (dont trois sont issus de leur union) étaient âgés entre 4 et 11 ans. C’est d’ailleurs l’un d’eux qui a commencé à dénoncer les agissements de cet individu à son école à Trois-Rivières parce qu’il n’en pouvait plus de cette violence. À une autre reprise, il avait signalé le 911 pour ensuite raccrocher par crainte de représailles. La DPJ est d’ailleurs intervenue une première fois mais la femme avait menti pour protéger son conjoint. Il avait fallu attendre en 2016 pour qu’elle le quitte et dénonce officiellement les gestes de violence.

Certes, le juge a noté que les témoignages des victimes contenaient des divergences et des incertitudes sur la façon dont les événements sont survenus entre 2013 et 2016 mais celles-ci ne suffisent pas à conclure que les enfants n’ont pas dit la vérité. Ils ont tous décrit la façon précise dont il prenait sa ceinture pour l’enrouler autour de sa main avant de les frapper. Ils ont aussi maintenu au fil de leurs déclarations la même version sur les actes de maltraitance administrés par leur père avec ses mains et sa ceinture. L’essentiel du témoignage de la femme a également été corroboré par ses enfants.

De toute façon, le juge soutient qu’il l’aurait déclaré coupable de voies de fait compte tenu de ses aveux sur sa façon de corriger les enfants. Il avait en effet admis leur avoir donné tout au plus quelques fessées ou encore les avoir pris par les joues pour les amener dans leur chambre. À ce sujet, le juge a rappelé que l’autorité parentale permet des corrections mais que la force utilisée ne doit pas être excessive ni motivée par l’impatience, la mauvaise humeur et la colère, ce qui n’est pas le cas dans cette cause.

Il a donc été déclaré coupable des dix chefs d’accusations portés contre lui pour les voies de fait et voies de fait armées mais acquitté sur le chef de bris d’engagements.

Le 6 juin, la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, et l’avocat de la défense, Mario Mélançon, plaideront sur la sentence à imposer.