Un homme de 72 ans a été trouvé coupable de viol, d’inceste et d’attentat à la pudeur, des gestes commis à l’égard de sa sœur qui était alors âgée de 7 à 17 ans.

Coupable de crimes sexuels contre sa sœur

TROIS-RIVIÈRES — Un homme de 72 ans a été trouvé coupable de viol, d’inceste et d’attentat à la pudeur, des gestes commis à l’égard de sa sœur qui était alors âgée de 7 à 17 ans.

Le verdict a été rendu mercredi au palais de justice de Trois-Rivières par le juge Jacques Trudel. Les crimes ont été commis entre 1971 et 1980 au sein d’une famille marquée par un père alcoolique et violent.

Le milieu familial dysfonctionnel incitait la jeune fille à trouver refuge chez son frère, un homme de 17 ans son aîné, marié et père de deux enfants. Le frère jouait un rôle d’autorité masculine auprès de la fillette qui s’est laissée embarquer dans des activités sexuelles regroupant des masturbations, des cunnilingus, des fellations et des relations sexuelles complètes. Vivant dans le secteur de Cap-de-Madeleine, l’homme profitait des absences de sa femme et de ses enfants pour assouvir ses bas instincts.

Lors du processus judiciaire, l’homme avait admis certains gestes (masturbation, cunnilingus), mais niait complètement les accusations de relations avec pénétration et de fellations. En fait, dans sa défense, l’homme a admis avoir frotté le gland de son pénis sur le clitoris de sa jeune sœur sans toutefois aller plus loin. Il disait qu’il «jouait sur le bord» et que le gland n’entrait pas au complet, car il ne voulait pas lui prendre sa virginité.

La victime se souvient que son frère lui a demandé de lui faire une fellation en lui disant qu’il n’éjaculerait pas dans sa bouche et qu’il a respecté sa parole. Elle a raconté que son frère lui a demandé de lui offrir sa virginité alors qu’elle avait 13 ans. Il soutenait qu’il ne lui ferait pas mal.

Après s’être exécuté, le frère lui a témoigné son bonheur. Elle a informé le tribunal que les relations sexuelles complètes ont eu lieu régulièrement jusqu’à ses 17 ans. Elle a craint de devenir enceinte, car aucun moyen de contraception n’était utilisé.

Durant toutes ces années, le frère a demandé à sa sœur de garder le secret. Si elle décidait de parler, il lui disait qu’elle allait briser la famille. La dame a attendu le décès de sa mère, en 2010, pour se décider à dévoiler son secret. Elle a porté plainte en 2016.

Dans son verdict, le juge Trudel affirme ne pas croire les prétentions de l’homme. Selon le président du tribunal, l’homme est vague dans ses propos et minimise les gestes. Il tente de se justifier en disant qu’il n’a pas vécu sa vie de jeunesse en raison du climat familial et des responsabilités qu’il a dû assumer alors qu’il n’était qu’un adolescent.

À l’opposé, le juge estime que la victime a témoigné avec calme, cohérence, crédibilité et sans agressivité. Il insiste sur les détails fournis par la victime concernant les nombreuses occasions durant lesquelles des crimes sexuels ont été commis: le type d’attouchements, les lieux, l’absence de son épouse et de ses enfants.

«Il y a des détails qui, pour avoir été rapportés, ne peuvent qu’avoir été vécus», a dit le juge Trudel, en soulignant le fait que le frère était en position d’autorité face à sa jeune sœur.

Se basant sur la jurisprudence, le juge Trudel a indiqué qu’une pénétration partielle est considérée comme étant une relation sexuelle avec pénétration. Même en retenant seulement la version de l’accusé, le constat est clair: il y a eu pénétration, car l’accusé a affirmé que son gland n’entrait pas au complet.

D’autre part, un arrêt des procédures a été ordonné sur l’accusation de grossière indécence.

Un rapport présentenciel et un rapport sexologique ont été demandés par la défense. Les observations sur la peine auront lieu le 27 juin.