Le procès d'Yves Lefebvre s'est poursuivi jeudi avec le témoignage du fils de la victime.

Coupable d'avoir tabassé un nonagénaire

Le juge Jacques Trudel déclare Yves Lefebvre coupable d'avoir commis des voies de fait causant des lésions corporelles à l'endroit d'un nonagénaire lors d'une attaque survenue en juillet dernier à Shawinigan.
Le juge de la Cour du Québec a rendu sa décision mercredi au palais de justice de Shawinigan. Selon le président du tribunal, le témoignage de la victime de cette agression confère «une preuve que le tribunal juge concluante».
Le 30 juillet 2013, Maurice Arcand a été battu dans son logement. L'homme âgé de 91 ans a été passé à tabac après qu'il eut entendu quelqu'un faire du tapage dans le portique de l'immeuble. Cet homme, selon la décision de la cour, est bel et bien Yves Lefebvre et c'est lui qui est à l'origine des coups portés à la tête et au corps de cet homme après que ce dernier eut ouvert sa porte pour s'enquérir de ce qui se passait.
En lisant sa décision, le juge Trudel a rappelé qu'un élément important marquait cette cause: Maurice Arcand est décédé de cause naturelle le 25 octobre. Comme personne n'avait vu l'agression, l'identification de l'agresseur était le principal point en litige.
Le juge avait toutefois accepté durant le procès que les déclarations faites par M. Arcand aux policiers et à son fils après l'agression soient admises en preuve. Son verdict précise d'ailleurs que la version des faits livrée par Maurice Arcand permet au tribunal de conclure que l'agresseur est l'accusé: la victime ne nomme jamais Yves Lefebvre, mais il le décrit à plus d'une reprise comme étant un homme qui porte une barbe, qui a les cheveux longs, qui trimballe des sacs et qui vit dans le même immeuble à logements. Les descriptions des vêtements portés par Lefebvre ne sont pas contradictoires.
«La description de son agresseur est claire et constante», a déclaré mercredi le juge Trudel.
Ce dernier est aussi revenu sur une empreinte de Lefebvre prélevée sur les lunettes de Maurice Arcand à la suite de l'altercation. Lors du procès, la défense avait soulevé l'hypothèse selon laquelle Yves Lefebvre aurait pu tout simplement passer par là après l'agression du nonagénaire et ramasser ses lunettes.
«L'empreinte de l'accusé n'a pas à se retrouver sur les lunettes de la victime et elle s'y trouve. La présence de l'empreinte est incriminante», a continué le juge Trudel.
Le verdict rappelle qu'à l'arrivée des policiers à l'immeuble à logements, ces derniers ont croisé Yves Lefebvre dans l'escalier. Ils lui ont demandé de rester sur les lieux, mais il s'est sauvé. Il a été arrêté quelques minutes plus tard.
«L'agresseur est l'homme que les policiers viennent de rencontrer dans l'immeuble», poursuit le juge Trudel, en ajoutant que c'est l'ensemble de la preuve qui le conduit à rendre un verdict de culpabilité.
Me Philippe Desnoyers, avocat de la Couronne, était évidemment satisfait de la tournure des événements.
«On est content que la preuve circonstancielle ait été retenue. C'est la conclusion à laquelle le juge devait en venir, selon nous. Et il fallait que les déclarations de M. Arcand soient mises en preuve.»
Me Alexandre Biron, l'avocat de Lefebvre, croyait bien que la défense présentée lors de ce procès avait une chance de réussir.
«Le juge a décidé que la preuve circonstancielle était suffisante. Est-ce que les faits rapportés dans le jugement sont conformes à la preuve soumise? À première vue, il ne semble pas y avoir d'erreur de fait importante», commente M. Biron, qui n'avait pas encore discuté avec son client de la possibilité de porter la cause en appel.
Les représentations sur sentence auront lieu mardi après-midi. Des discussions entre les deux avocats pourraient avoir lieu d'ici le prochain rendez-vous en cour.