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Coupable d’avoir «lancé des couteaux» en direction du premier ministre Legault

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
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Écrire une menace sur les réseaux sociaux, c’est comme lancer des couteaux en direction de la personne. C’est ce que le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec a voulu faire comprendre à une jeune femme qu’il venait de déclarer coupable de menaces envers le premier ministre François Legault.

Kassandra Asselin, 24 ans, de Québec a reconnu avoir écrit une phrase menaçante en guise de commentaire à la publication Facebook d’un ami, le 19 novembre dernier. La jeune femme sans antécédent judiciaire a écrit qu’elle «péterait les deux jambes» au premier ministre du Québec. L’auteur de la publication a dénoncé les propos.

L’avocate de la défense Me Annie Boyer a indiqué au tribunal que sa cliente avait subi une perte d’emploi en raison de la pandémie et des mesures sanitaires. «C’était davantage de l’exaspération par rapport à la situation qu’un mauvais profil général», précise Me Boyer.

Les parties ont suggéré au juge Mario Tremblay d’imposer une sentence suspendue d’une durée de 18 mois. Durant cette période, Kassandra Asselin devra respecter des conditions, à défaut de quoi elle sera ramenée à la cour et pourrait devoir faire face à de la détention.

Il sera interdit à la jeune femme de faire référence au premier ministre François Legault ou à sa famille sur les réseaux sociaux et elle devra se tenir à plus de 100 mètres de l’Assemblée nationale.

La cour interdit aussi à l’accusée de publier sur le web des commentaires ou des vidéos à caractère violent ou haineux. Elle devra aussi s’abstenir de posséder des armes.

«Je ne le referai plus!» a promis la jeune femme, lorsque le juge lui a demandé si elle avait quelque chose à ajouter avant l’imposition de la peine. «On n’est pas à l’école, on est dans une cour de justice, a rétorqué le juge. Les paroles sur les réseaux sociaux peuvent blesser et inquiéter. Quand vous écrivez ça, c’est comme si vous lanciez des couteaux en direction de la personne.»

L’automne dernier, la Sûreté du Québec indiquait que le nombre de signalements pour des menaces sur les réseaux sociaux avait plus que doublé en un an. De janvier à septembre 2020, la Sûreté du Québec a reçu 1748 signalements alors qu’elle en avait reçu 713 pour la même période en 2019.