Coupable d’abus sexuels sur sa demi-sœur

Trois-Rivières — Un homme de 38 ans vient d’être reconnu coupable d’avoir abusé sexuellement de sa demi-sœur pendant plusieurs années à Trois-Rivières, Shawinigan et Saint-Alphonse-de-Rodriguez.

Les événements étaient survenus entre 2004 et 2012. Cet homme, dont on ne peut dévoiler l’identité pour protéger celle de la victime, avait 24 ans quand il a commencé à profiter de la vulnérabilité de la jeune fille et surtout de l’immense affection qu’elle lui portait. Elle n’avait que 7 à 8 ans au début. Il lui a caressé les parties génitales, les seins et les fesses. Il s’est livré à des cunnilingus et des gestes de masturbation. À deux ou trois reprises, il y a eu également eu des pénétrations ou des tentatives.

Dans le cadre d’un procès tenu en novembre dernier, il avait nié tous les abus relatés par la plaignante. Il avait plutôt dit souffrir à l’époque d’une carence affective, précisant que sa demi-sœur lui avait donné l’amour qu’il n’avait pas eu. Il avait également affirmé qu’il aurait dû garder une certaine distance avec elle tout en précisant qu’il n’y avait rien de sexuel.

Or, ces propos de l’accusé ont fait en sorte que le juge David Bouchard ne l’a pas cru. Il a en effet constaté que sa dénégation générale souffrait d’hésitations et d’incohérences vis-à-vis ces aspects de son témoignage. Il a aussi retenu l’affirmation de l’accusé à l’effet que de toute façon, il n’avait jamais forcé sa demi-sœur à faire quelque chose tout en étant conscient que les gestes reprochés étaient scandaleux et impensables.

De même, le juge a noté que l’accusé avait tenté de se déresponsabiliser et de justifier les faits qui lui sont reprochés en précisant par exemple ne pas avoir fixé de limites même s’il savait que sa demi-sœur était tombée en amour avec lui.

Or, il y a plus puisque la victime a fait des dévoilements auprès de sa mère. Appelée à témoigner lors du procès, celle-ci avait affirmé avoir discuté avec l’accusé et que ce dernier, sans nier ou confirmer les faits, avait déclaré que c’était une erreur et que cela ne reproduirait plus. Quelques années plus tard, lors d’un second dévoilement, il avait admis des caresses et en raison d’une sexualité très forte. À sa mère, il avait manifesté des regrets et parlé de castration.

Par contre, au procès, ses explications sur les discussions qu’il avait eues avec sa mère ont également contribué à miner sa crédibilité.

D’un autre côté, le tribunal estime que la plaignante a témoigné de façon posée et fait preuve de franchise et de sincérité, hormis des contradictions jugées peu importantes. «Dans l’ensemble de son témoignage, la plaignante ne tente pas de dépeindre davantage les comportements répréhensibles de l’accusé. Comportements qui la rendent démunie. Au contraire, à la suite d’une question qui vise à expliquer comment elle se sent par rapport à l’accusé, elle verbalise au tribunal d’une manière émotive, après un court moment de silence, que l’accusé est « son frère », tout simplement et dans le respect. Ce moment est saisissant. Pour le tribunal, cela représente toute la solidité de son témoignage», écrit le juge Bouchard.

C’est pourquoi l’homme qui demeure dans la région de Joliette a été déclaré coupable des chefs de contacts sexuels et d’inceste.

En ce qui concerne la sentence à venir, le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, a annoncé qu’il entendait non seulement demander une peine variant entre trois et sept ans de prison mais aussi, déposer une requête pour qu’il soit déclaré délinquant à contrôler.

C’est que l’individu en question a été reconnu coupable à Joliette d’abus sexuels sur l’enfant de sa conjointe entre 2007 et 2013 et de voies de fait sur l’autre enfant de celle-ci. Il a écopé d’une peine de 18 mois. Toutefois, il bénéficie présentement d’un sursis puisqu’il a porté sa cause en appel.

Qui plus est, il a une cause pendante pour des agressions sexuelles sur une autre demi-sœur. À l’époque, il était mineur. Le procès devrait se tenir en septembre.

Me Brin a bien tenté de convaincre le juge de le faire incarcérer immédiatement. La mère de l’accusé est même venue dire qu’elle craignait un acte de vengeance. Or, lorsque contre-interrogée par l’avocat de la défense Me Jean Dury, elle a admis que son fils n’avait jamais été violent et menaçant avec elle. Le juge a donc refusé une incarcération immédiate en se basant aussi sur le fait qu’il a toujours respecté les conditions imposées depuis son arrestation.

Les plaidoiries sur la peine ont donc été reportées au 20 août.