Philippe Doyon a réglé ses dossiers mercredi au palais de justice de Trois-Rivières.
Philippe Doyon a réglé ses dossiers mercredi au palais de justice de Trois-Rivières.

Coup de feu à la Brassette L’Ami: 18 mois pour Philippe Doyon

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Philippe Doyon écope d’une peine de prison de 18 mois à purger dans la collectivité pour avoir braqué son arme sur un client de la Brassette L’Ami et pour avoir tiré un coup de feu dans le plancher de cet établissement de Louiseville.

Le 7 octobre 2019, ce Sherbrookois sans antécédent judiciaire est en visite dans la région et se rend à ce bar. Il commande une bière, s’assoit près d’un petit groupe de clients et tente d’entrer en contact avec eux. Doyon raconte être à la recherche d’un homme qui aurait eu une relation avec son ex-conjointe il y a une dizaine d’années. C’est alors qu’il pointe un pistolet semi-automatique vers un client attablé près de lui et tire un coup au sol pour démontrer que l’arme entre ses mains est une vraie.

Doyon est arrêté et interrogé par la Sûreté du Québec. Le lendemain, il raconte à une policière que si l’homme en question avait été dans le bar, il l’aurait tué.

Cet homme de 45 ans a reconnu sa culpabilité d’avoir braqué son arme sur un individu, d’avoir utilisé son arme de manière négligente et d’avoir transmis une menace de mort. Le tout a été exposé mercredi au palais de justice de Trois-Rivières.

Me Marc-André Letarte a fait valoir au juge Jacques Trudel que son client présente divers problèmes de santé. À l’époque, il prenait un médicament pour contrôler son anxiété. Le mélange avec l’alcool est vraisemblablement à l’origine du comportement atypique de Philippe Doyon, présenté comme étant un homme sans histoire. L’individu a toutefois cessé de prendre ce médicament et il ne boit plus d’alcool.

«Je regrette les gestes que j’ai posés», a déclaré Doyon.

Devant la condition de l’individu, Me Letarte et Me Éric Boudreau, procureur de la Couronne, ont soumis une suggestion de sentence commune. Le juge Trudel a entériné cette suggestion après avoir pris soin de rappeler à cet homme que le fait de tirer dans le plancher d’un établissement public représentait un risque certain pour la sécurité des gens même si son geste ne semblait pas motivé par la volonté de s’en prendre aux clients du bar.

«C’est un geste complètement irréfléchi pour un homme réfléchi, mais qui avait un nuage au-dessus de lui qui l’obsédait et qui est ressorti cette journée-là», a dit le juge Trudel.

En plus de devoir purger cette peine de prison de 18 mois dans la collectivité, Doyon devra se soumettre à une probation de 12 mois assortie d’un suivi. Il ne peut posséder d’arme à feu durant 10 ans et il devra fournir un échantillon d’ADN en plus de respecter différentes conditions reliées à sa peine. Il ne pourra se trouver au sein du territoire de la MRC de Maskinongé, sauf pour visiter ses parents. Il ne pourra fréquenter les bars et ne pourra consommer ni alcool ni drogues. Il lui est interdit d’entrer en communication avec l’homme qui aurait entretenu une relation avec son ex-conjointe.