Contacts sexuels sur une mineure: Jean-Pierre Fraser déclaré coupable

Au terme d'un procès qui s'est tenu plus tôt la semaine dernière, Jean-Pierre Fraser a été déclaré coupable d'agression sexuelle et d'incitation à des contacts sexuels sur une mineure.
Le juge Jacques Trudel a en effet conclu que le Trifluvien de 53 ans s'était bel et bien livré à des abus sexuels sur une jeune fille entre 1996 et 2003 en l'incitant notamment à le masturber et en la masturbant à son tour.
Les gestes ont commencé alors que la victime avait six ans environ. Il l'a également pénétrée tandis qu'elle dormait. Elle était âgée de 12 ans à ce moment. Un arrêt des procédures a été prononcé sur le chef d'attouchements sexuels pour éviter le dédoublement des accusations.
Rappelons que cette cause fait suite au dépôt d'une plainte à la police logée il y a environ trois ans. Le procès s'est tenu lundi dernier au palais de justice de Trois-Rivières. En présence de son avocat, Me Stéphane Grenier, Fraser a reconnu certains faits d'emblée.
Sur une période d'environ deux ans, alors que la plaignante avait 10-12 ans, il a admis l'avoir masturbée et que cette dernière l'avait masturbé de 20 à 30 fois. Il prétendait avoir commis ces gestes dans le seul but d'aider la jeune fille à s'endormir, car elle souffrait de troubles du sommeil. Il affirmait d'ailleurs ne lui avoir rien demandé et ne pas lui avoir expliqué comment faire.
Il avait par contre nié l'avoir pénétrée à 12 ans sous prétexte que ce geste n'avait pas sa place, avoir tenté de le faire alors qu'elle était plus jeune et d'avoir visionné des films pornographiques avec elle.
Or, la plaignante avait livré une autre version. Selon elle, il y avait eu des gestes de masturbation à raison d'une fois par semaine pendant deux ans (donc une centaine de fois). Il lui avait non seulement fait visionner des films pornographiques mais il avait également expliqué les gestes posés par les protagonistes.
Et lorsqu'il l'avait pénétrée dans son sommeil, l'accusé lui avait ensuite déclaré: «Maintenant, ça ne m'appartient plus. Ça appartient à tes chums.»
Les questions en litige dans cette cause portait entre autres sur le nombre de fois qu'il y avait eu attouchements, sur la tentative de pénétration et sur la pénétration ainsi que sur les incitations à commettre des contacts sexuel par l'accusé.
Le juge a donc dû évaluer la crédibilité des témoignages. Or, il n'a pas été tendre envers Fraser. Selon lui, ce dernier a non seulement minimisé les gestes posés, mais il a volontairement tenté de cacher la vérité et l'intention qui l'animait pour en quelque sorte soulager sa culpabilité et mieux paraître ou carrément tromper le tribunal.
Il apparaît clair dans son esprit qu'il est invraisemblable de croire qu'il masturbait la victime pour l'endormir et qu'en plus, elle le masturbait elle aussi, et ce, sans qu'il ne lui ait rien demandé ou montrer.
Il s'agit là d'un point sur lequel le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, avait insisté lors du procès, d'autant plus que la victime n'avait que 10 ans.
Le juge a aussi relevé des contradictions dans son témoignage, des réponses incohérentes et non crédibles.
Quant au témoignage de la victime, il lui est apparu clair, précis, détaillé, empreint de gêne et de réserve mais sans exagération.
Ainsi, le juge a conclu que la preuve avait été faite qu'il y avait eu incitation à des contacts sexuels, même si le nombre de fois n'a pu être établi clairement, de même que la possible pénétration.
Il l'a donc déclaré coupable sur deux des trois chefs portés contre lui. Fraser reviendra en cour le 28 août pour les plaidoiries sur la peine. D'ici là, un rapport sexologique et présentenciel sera préparé.