Contacts sexuels sur une mineure: Jean-Pierre Fraser admet certains faits

Le juge Jacques Trudel devra décider si Jean-Pierre Fraser est coupable de contacts sexuels envers une mineure selon sa version des faits ou selon celle de la plaignante aujourd'hui d'âge majeur.
Ce Trifluvien de 53 ans a subi son procès lundi au palais de justice de Trois-Rivières à la suite du dépôt d'une plainte à la police il y a environ trois ans. Fraser reconnaît d'emblée certains faits.
Sur une période d'environ 18 mois, il admet avoir masturbé la plaignante et que cette dernière l'a masturbé, alors qu'elle avait entre 10 et 12 ans. Il a raconté qu'il avait commis ces gestes pour aider la jeune fille à s'endormir, car elle souffrait de troubles du sommeil. Il affirme n'avoir rien demandé à la plaignante.
L'avocat de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a demandé à l'accusé comment une enfant de 10 ans pouvait savoir comment masturber un homme sans que quelqu'un le lui «apprenne». Jean-Pierre Fraser a précisé qu'il ne lui a rien montré, qu'elle avait trouvé ça toute seule. Il a admis avoir été excité, mais il savait que ces gestes étaient incorrects.
Jean-Pierre Fraser a nié les affirmations de la plaignante selon lesquelles il l'a pénétrée durant quelques secondes, alors qu'elle avait 12 ou 13 ans et qu'elle était endormie. L'accusé a affirmé ne jamais avoir commis ce geste, disant que ça n'avait pas sa place.
Cette dernière a aussi raconté qu'il s'était masturbé pendant qu'il la regardait suspendre des dessins, vêtue d'une jaquette de nuit. Elle avait alors six ans.
Fraser a réfuté ces allégations, comme il a nié avoir visionné des films pornographiques avec elle: Jean-Pierre Fraser affirme qu'il n'a aucun intérêt pour ce type de produit. De plus, il estime que les gestes sexuels ont été commis entre 20 et 30 fois, alors que la plaignante affirme que cela s'est produit au moins une fois par semaine durant un minimum de deux ans.
La plaignante a également raconté que l'accusé a déjà mis son pénis entre ses cuisses. Cette affirmation semblait faire partie des admissions de l'accusé avant le début du procès, mais Jean-Pierre Fraser a nié le tout lors de son témoignage.
Dans sa plaidoirie, Me Stéphane Grenier a rappelé au juge Trudel que son client a admis volontairement certains gestes. Pour ce qui est des événements contestés, Me Grenier a indiqué que la victime ne peut être certaine de tout ce qu'elle dit, car cela se serait passé dans son enfance.
L'avocat a souligné le fait que c'est l'accusé qui a pris les devants en avouant avoir commis des gestes inappropriés. De plus, il a estimé invraisemblables les affirmations de la plaignante concernant les films pornographiques.
Pour sa part, Me Poirier a du mal à acheter la version de l'accusé selon laquelle une enfant de 10 ans sait comment s'y prendre pour masturber un homme. Il a estimé que l'accusé a certainement dû faire des demandes en ce sens. Selon l'avocat de la poursuite, l'accusé a semblé négocier devant le tribunal avec les gestes commis, mais on a fini par comprendre qu'il y avait un intérêt sexuel certain.
Le juge rendra son verdict vendredi.