Roland Gingras a été condamné lundi à une peine de deux ans de prison.

Contacts sexuels: deux ans de prison pour Roland Gingras

TROIS-RIVIÈRES — Roland Gingras a été condamné à une peine de deux ans de pénitencier pour avoir agressé sexuellement une personne souffrant d’une déficience intellectuelle.

L’individu sera également soumis à une probation pendant deux ans à sa sortie de prison et il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.
Les délits sexuels ont eu lieu entre avril et juillet 2014 à Nicolet. La victime avait 35 ans. Cette dernière avait rencontré Roland Gingras, qui était alors dans la mi-cinquantaine, et sa conjointe dans le cadre d’une activité de quilles. Ils avaient développé une relation amicale avec elle au point même de lui proposer de demeurer avec eux pour satisfaire son besoin d’indépendance.
À cette époque, la plaignante vivait certaines tensions avec sa mère.
Au cours de cette période de trois mois, M. Gingras en a donc profité pour se livrer à des abus sexuels en l’absence de sa conjointe.  À cinq occasions, il a initié et imposé des rapports sexuels
à la plaignante tels que des masturbations, fellations, cunnilingus et une relation anale. La victime avait affirmé ne pas avoir été consentante et s’être soumise
à cause du caractère autoritaire de l’accusé.
Dans cette affaire, la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, avait réclamé l’imposition d’une peine de trois ans de prison alors que l’avocat de la défense, Me Bertrand Jacob, avait suggéré 12 mois.
Lors des plaidoiries sur sentence, l’accusé avait été décrit par ses proches comme un homme bon, aidant, généreux, voire naïf. Lui-même s’était plaint
d’avoir perdu son emploi à la suite de la médiatisation des accusations et d’avoir dû déménager dans une autre municipalité en raison de menaces.
Or, Me Paquet avait rappelé qu’il avait profité de la confiance de la victime et de sa déficience pour l’abuser sans manifester de remords ou même se responsabiliser.
Dans la détermination de la peine, le juge Jacques Trudel a tenu compte qu’en matière de crimes sexuels contre des enfants et des personnes vulnérables, les objectifs de dénonciation
et de dissuasion doivent être priorisés. Dans cette affaire, les abus de confiance et d’autorité sont manifestes.
D’un autre côté, la preuve n’a pas permis d’identifier de déviance sexuelle chez l’accusé.
Cet épisode serait circonstanciel et opportuniste. Roland Gingras n’a pas non plus d’antécédent judiciaire.
Cependant, il ne peut bénéficier d’un facteur atténuant important, soit celui des regrets. Il a d’ailleurs toujours nié les abus sexuels. Quant à la victime, la gravité des atteintes psychologiques est certaine, selon le juge, mais l’expression et la description de celles-ci sont limitées par son déficit intellectuel.  
Enfin, le juge a noté que l’accusé n’a certes pas utilisé de violence envers elle, outre celle intrinsèque au crime, mais qu’il s’est avéré manipulateur
en cherchant à obtenir son silence et sa soumission par la menace de son suicide et des conséquences qu’auraient celui-ci sur sa conjointe.
À sa sortie de la salle d’audience, Me Paquet s’est dite satisfaite de la sentence, rappelant que Roland Gingras sera sous surveillance pour plusieurs années, ce qui représente un grand soulagement pour la victime.