Cédrika Provencher

Cédrika: ces photos qui ravivent l'espoir

Il ne se passe pas un mois sans que la famille de Cédrika Provencher ne reçoive des photographies d'adolescentes qui lui ressemblent. Si la famille de la jeune fille de neuf ans, disparue depuis l'été 2007, détermine normalement rapidement qu'il ne s'agit pas de Cédrika, une photo reçue il y a quelques semaines a été prise très au sérieux et a même ravivé l'espoir d'enfin la retrouver.
<p>Le grand-père de Cédrika, Henri Provencher.</p>
L'adolescente sur la photo ressemblait tellement à Cédrika Provencher que ses proches croyaient vraiment l'avoir enfin retrouvée après toutes ces années. Mais les enquêteurs ont retracé quelque part au Québec l'adolescente en question et se sont bien assurés que ce n'était pas Cédrika.
«Ce n'était pas elle. Notre coeur a fait un bond en haut et il revient vers le bas. C'est toujours comme ça depuis six ans et demi», avoue le grand-père de Cédrika, Henri Provencher.
«Nous avons souvent des photographies d'adolescentes qui ressemblent à Cédrika, mais à ce point, c'est spécial. Nous étions presque certains que c'était elle», ajoute le grand-père de Cédrika.
Les proches de Cédrika croyaient donc vraiment cette fois-ci l'avoir enfin retrouvée. La ressemblance entre Cédrika et l'adolescente était si frappante. Lorsque Le Nouvelliste a appris l'existence de cette photographie en décembre, l'enquête policière était toujours en cours. La famille estimait, pour ne pas nuire à l'enquête, qu'il était préférable de ne pas publier ces informations ainsi que la photographie de l'adolescente qui ressemble à Cédrika.
«Nous pensions vraiment que c'était elle cette fois», renchérit M. Provencher. «Mais on ne perdra jamais espoir. Un jour ça sera la bonne. Nous n'abandonnons pas.»
La famille reçoit souvent des photos
Ce n'est pas la première fois que la famille de Cédrika Provencher reçoit une photographie d'une adolescente lui ressemblant. Chaque fois, la famille et à l'occasion la police, lorsque la ressemblance est frappante, font les vérifications nécessaires même si cela ravive de très mauvais souvenirs.
«Ça arrive souvent. C'est rare qu'il se passe un mois sans que nous ne recevions des photos. C'est régulier. Des fois, on peut en recevoir trois ou quatre dans un mois», avoue Henri Provencher. «On regarde, on vérifie et on passe à autre chose.»
En aucun cas Cédrika Provencher n'apparaissait sur les nombreuses photographies reçues par la famille. Souvent, l'adolescente que les gens croient être Cédrika ne lui ressemble pas du tout.
«On voit rapidement que ce n'est pas Cédrika sur la photo», précise son grand-père. «Mais c'est compréhensible. Les gens essaient de nous aider, mais ils ne connaissent pas Cédrika. Ils ont vu une photo d'elle et c'est tout.»
Même si les photos envoyées aux membres de la famille de la jeune fille disparue ne sont pas celles de Cédrika Provencher, son grand-père n'abandonne pas. «J'aime mieux que les gens nous envoient une photo pour qu'on sache que ce n'est pas elle plutôt que ne pas envoyer la photo alors que c'est vraiment Cédrika.»
Une photo avait abondamment circulé sur les médias sociaux
La photo d'une adolescente ressemblant à Cédrika Provencher a énormément circulé sur les médias sociaux en février 2013. La ressemblance entre l'adolescente et Cédrika était marquante. Toutefois, des vérifications de la Sûreté du Québec ont révélé qu'il ne s'agissait pas de la fillette disparue en 2007, mais bien d'une adolescente russe.
«Dès que nous avons un doute, la photo est transmise aux policiers», précise Henri Provencher. «Cette photo de la jeune Russe n'arrête pas de revenir. Ce n'est pas Cédrika. J'ai même parlé à des gens qui connaissaient l'adolescente russe.»
Henri Provencher met toutefois en garde contre la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux. Si ces nouveaux médias peuvent être souvent très utiles, les informations erronées peuvent s'y propager très rapidement. «Ce n'est pas long que ça se ramasse sur les réseaux sociaux et ça n'en finit plus. Et des fois, ça n'a pas rapport du tout. Il faut faire attention.»
Regarder toutes ces photographies d'adolescentes «ressemblants» à Cédrika Provencher est une tâche ardue, mais nécessaire pour son grand-père. N'empêche que chaque fois, ces vérifications ravivent une plaie toujours très vive.
«Ça fait partie de la game. Ça fait six ans et demi que le coeur monte en l'air puis redescend bien bas. C'est comme ça», avoue-t-il. «Je ne m'habituerai jamais. C'est certain. On apprend à se prémunir contre ça. On se fait une espèce de carapace. On filtre ce qui doit nous atteindre et non.»