Le chef de la communauté, Christian Awashish.

Cause datant de 1918: les Atikamekws sont peu confiants

Le chef d'Opitciwan, Christian Awashish, n'est pas convaincu d'avoir gain de cause devant le Tribunal des revendications particulières. C'est ce qu'il a affirmé, la semaine dernière, aux termes de la deuxième session d'audiences sur les revendications des Atikamekws. Ces derniers réclament réparation pour l'inondation de leur territoire lors de la création du réservoir Gouin en 1918.
Pour cette partie des travaux, ce sont des experts scientifiques, des historiens et des anthropologues, principalement, qui ont livré leurs analyses et leurs interprétations sur des documents et des correspondances de l'époque.
En septembre 2013, des aînés de la nation atikamekw avaient été rencontrés. Ces personnes, dont plusieurs ont plus de 80 ans, ont été témoins des suites de l'inondation de 1918, et d'une deuxième inondation dans les années 1950.
Ces aînés de la communauté ont pu s'exprimer sur les effets des inondations, sur l'étendue des dommages et sur la compensation de 120 $ donnée à certaines familles par le gouvernement fédéral de l'époque. Ce montant avait été accordé pour l'achat de matériaux afin de construire des «cabanes» dans la portion encore habitable après l'inondation du tiers du territoire. L'argent a aussi permis de creuser des puits et d'assurer une partie de leur subsistance en attendant la création d'une véritable réserve dans les années 1940.
La communauté atikamekw juge que le gouvernement a tardé à mettre en place cette réserve afin de créer le barrage et le réservoir Gouin. Christian Awashish, chef des Atikamekws d'Opitciwan, a assisté à une partie des procédures.
«Le gouvernement rejette toute responsabilité pour les dommages subis pour la partie réserve. Elle aurait dû être protégée, mais elle a été inondée au tiers de sa superficie. C'est clair que le gouvernement du Canada rejette toute responsabilité dans ça», souligne-t-il.
Christian Awashish refuse d'avancer le montant de la compensation qui pourrait être versée aux Atikamekws.
Pour l'heure, il faut d'abord déterminer la responsabilité du gouvernement fédéral dans les délais de création de la réserve. Le chef reste toutefois sceptique d'avoir gain de cause.
«Déjà certaines communautés ont eu gain de cause et le gouvernement va en appel. Pourquoi avoir créé ce tribunal pour essayer de régler les dossiers des revendications particulières s'il ne le respecte pas? Il y a la batterie d'experts du gouvernement et nous avec notre budget limité», a déploré M. Awashish.
Les parties présenteront leurs plaidoiries le 24 mars prochain.
Avec la collaboration de La Presse Canadienne