Gyno Desrosiers, le propriétaire du commerce Cannabis Québec à Nicolet

Cannabis Québec à Nicolet: Gyno Desrosiers sera évalué sur son aptitude à comparaître

Trois-Rivières — Gyno Desrosiers, le propriétaire du commerce Cannabis Québec à Nicolet qui vient d’être arrêté une seconde fois pour des infractions liées à la Loi sur le cannabis, devra subir une évaluation visant à déterminer son aptitude à comparaître.

Au terme d’une audience tenue vendredi, le juge Rosaire Larouche a en effet conclu que la demande formulée par le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, était fondée. L’objectif de cette évaluation sera de déterminer si le prévenu a une bonne compréhension du système judiciaire compte tenu de propos qu’il a tenus et des gestes posés.

Rappelons que l’individu aurait de nouveau fait la promotion du cannabis au cours des dernières semaines notamment sur les réseaux sociaux et redémarré les activités de son entreprise Cannabis Québec et ce, en dépit d’une cause pendante en semblable matière et de ses conditions de remise en liberté lui interdisant de le faire. Il a donc été arrêté jeudi et accusé d’avoir incité le public à commettre des infractions telles que la vente et la production de cannabis, d’avoir offert de distribuer du cannabis sachant qu’il était illicite, d’avoir fait la promotion du cannabis et enfin de bris d’engagements.

Comme l’a expliqué Me Beauchamp-Laliberté, il avait plusieurs conditions à respecter depuis sa remise en liberté en octobre 2018 dont celle lui interdisant de faire la promotion du cannabis. Il devait aussi faire la preuve d’un suivi psychologique, ce qu’il n’aurait jamais fait.

Ses propos ont d’ailleurs soulevé des doutes sur son état mental. Aux policiers qui l’ont arrêté, il se serait décrit comme «le» responsable de l’industrie du cannabis au Québec. Il affirme que la SQDC lui a volé son idée et que les policiers sont jaloux de son concept. Il soutient également être celui qui, au Québec, a défendu le droit d’avoir quatre plants de cannabis dans une maison. Enfin, il aurait mis en doute la compétence de la Cour supérieure à le juger dans sa cause pendante.

Comme il refuse d’avoir un avocat pour assurer sa défense, Me Yan Primeau a été nommé d’office vendredi pour le représenter. Il a expliqué que Gyno Desrosiers se considérait apte à comparaître. À une question du juge Larouche, le prévenu a rétorqué avoir les autorisations de la Ville de Nicolet pour représenter l’industrie du cannabis au Québec. Il devra donc subir une évaluation et sera ramené en cour le 13 novembre.

Rappelons par ailleurs qu’il avait été arrêté une première fois le 10 octobre 2018 dans le cadre d’une opération qui visait des dispensaires de cannabis au Québec. Plusieurs accusations avaient alors été portées contre lui en lien avec la vente, le trafic, la possession et la promotion du cannabis à des fins criminelles. Ce dossier doit revenir le 5 décembre en Cour supérieure pour éventuellement fixer une date de procès devant jury.