Philippe Lebel, le copropriétaire du BMR Pierre Naud du boulevard des Récollets de Trois-Rivières. On reconnaît derrière un employé de Val-Mauricie électrique en train de réaliser des travaux.

BMR Pierre Naud: élan de solidarité après l'incendie

L'entreprise Pierre Naud, qui exploite le BMR du boulevard des Récollets, est dans le paysage trifluvien depuis 125 ans et elle n'est pas prête de disparaître. Au lendemain de l'incendie qui a totalement ravagé son centre de rénovation de Trois-Rivières, un élan de solidarité qui permet d'aménager un magasin temporaire redonne espoir aux propriétaires.
«Plusieurs clients avec qui nous avons des relations à long terme viennent nous aider. Ça nous motive», affirme d'emblée en entrevue Philippe Lebel, copropriétaire du BMR Pierre Naud. 
Les propriétaires avaient évoqué jeudi, quelques heures après le sinistre, leur volonté d'aménager un commerce temporaire. De nombreux clients du centre de rénovation ont trouvé qu'il s'agissait d'une très bonne idée et ont décidé d'aider les propriétaires à la réaliser. 
«On s'est tellement fait appeler par nos clients, ils viennent tous nous donner un coup de main, alors on a décidé de monter un magasin temporaire de 40 par 60 pieds. Ce sont tous des entrepreneurs qui viennent nous monter sur leur temps», ajoute M. Lebel très reconnaissant de ce coup de main inespéré. 
Ce magasin temporaire sera situé tout juste à côté du site du bâtiment qui est parti en fumée tôt dans la nuit de jeudi. Déjà vendredi, des entreprises de la région s'affairaient à réaliser des travaux de préparation pour que soit montée la structure dans les prochains jours. «On essaie d'avoir du courant. Nos amis de Val-Mauricie électrique sont sur place [en après-midi] pour passer les fils électriques. Le téléphone et la fibre sont aussi en train d'être posés», souligne M. Lebel.    
Le chantier s'activera lundi matin, alors que Construction André Houle viendra construire le plancher et les murs du magasin temporaire. «Un deuxième entrepreneur embarque le lendemain et vient installer les fermes de toit (trust). Toiture Mauricienne nous fait des trusts en deux jours. C'est wow, wow et encore wow», avoue le copropriétaire de la quincaillerie. «Je ne pensais pas être touché par autant de solidarité. C'est ce qui me donne le goût de repartir. Nous n'avons même pas de caisse actuellement, mais les clients viennent nous voir, car ils veulent acheter tout de suite. Ça me motive.»
Cette manifestation d'entraide permettra à BMR Pierre Naud d'ouvrir un magasin temporaire très bientôt. L'objectif est de permettre aux entrepreneurs et aux clients réguliers de retrouver du service le plus rapidement. Comme la cour à bois n'a presque pas été touchée par l'incendie, ce magasin sera complémentaire aux produits qu'on y retrouve. 
«Nous allons avoir tous les matériaux de construction et nous aurons la grosse base de quincaillerie. Nous ne pourrons sûrement pas tout avoir, car c'est un plus petit magasin que nous construisons temporairement», note M. Lebel. 
«Si un client a besoin de vis, de clous ou de mèches, nous les aurons. Nous aurons tous les essentiels.»
Les trois autres magasins de l'entreprise seront bien sûr sollicités pour garantir l'approvisionnement du magasin temporaire de Trois-Rivières. De plus, la trentaine de travailleurs du centre de rénovation pourront reprendre leur emploi rapidement. Certains d'entre eux vont d'ailleurs travailler à la construction du magasin temporaire alors que d'autres ont été transférés temporairement dans les autres magasins de l'entreprise. Les propriétaires indiquent que presque tous les employés ont déjà été réaffectés. 
Parallèlement, les propriétaires du BMR Pierre Naud de Trois-Rivières veulent reconstruire le centre de rénovation. «Notre chiffre d'affaires était en augmentation constante ces dernières années. On ne peut pas abandonner ça. Et nos employés doivent revenir. Si on ne reconstruit pas, ils vont tous perdre leur job. Il faut que ça reparte», assure M. Lebel. 
Si tout va bien avec l'assureur, l'entreprise pourrait demander la réalisation de plans et devis cet automne afin de commencer les travaux avant les grands froids. «Dans le meilleur des mondes, on pourrait ainsi rouvrir le nouveau magasin au printemps prochain», espère Philippe Lebel. «Il manque un peu de temps, mais c'est possible.»
Deux jours après l'incendie qui a entièrement ravagé le commerce, les causes sont toujours inconnues. 
L'incendie a détruit du matériel informatique, ce qui a causé la perte de commandes de portes et fenêtres. Les clients qui ont acheté des portes et fenêtres qui n'ont pas encore été installées ou qui attendent une visite d'évaluation sont invités à communiquer avec l'entreprise d'ici quelques jours afin de vérifier que les rendez-vous sont toujours à l'agenda.