Le palais de justice de Trois-Rivières.

Bisbille chez des comptables

Un procès civil de trois semaines s'est ouvert, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières opposant les anciens associés d'un bureau de comptables bien connu de Trois-Rivières.
Ce sont les comptables Michel Dessureault, Guy Désaulniers, Guy Lemire, Martial Lanouette et Claude Gélinas qui se retrouvent au coeur de cette affaire juridique dont l'un des principaux points en litige porte sur leur contrat de société.
Ceux-ci avaient fondé la firme Dessureault, Lemire, Désaulniers, Gélinas et Lanouette, issue de la fusion de précédents bureaux de comptables. L'entreprise comptait cinq places d'affaires au Québec, dont une à Trois-Rivières, une à Saint-Tite et une à Shawinigan.
En 2011, l'un des comptables Martial Lanouette a annoncé son intention de prendre sa retraite à compter de juin 2012. En vertu de son contrat de société, il réclamait par le fait même le remboursement des sommes d'argent dont sa part du capital.
Dans le cadre de son témoignage lundi, il a indiqué que Michel Dessureault aurait refusé de procéder au rachat de ses parts sous prétexte que les charges étaient trop lourdes. Toujours selon M. Lanouette, il aurait également refusé de favoriser l'arrivée d'une relève parmi les associés pour pallier le problème. 
Le climat se serait alors envenimé, créant une grande insatisfaction chez tous les associés au point qu'en 2013 des démarches ont été entreprises pour stopper les activités de la firme de comptables sans pour autant réussir à la dissoudre, compte tenu de la bisbille entre les associés. 
Michel Dessureault a donc créé une nouvelle entreprise, soit «Dessureault CPA et associés». Martial Lanouette n'a jamais pu prendre sa retraite. Avec Guy Désaulniers et Claude Gélinas, ils se sont réunis pour fonder «Désaulniers, Gélinas, Lanouette.» 
Dans la foulée du conflit, les anciens associés de Michel Dessureault lui font des reproches notamment dans la production de ses comptes de dépenses. Ils le soupçonnent également de s'être approprié de la clientèle. D'un autre côté, Michel Dessureault accuse certains d'entre eux d'avoir fait de la sollicitation auprès des employés. 
À ce sujet, Martial Lanouette est par ailleurs devenu très émotif dans son témoignage lorsqu'il a été question des employés de la firme de comptables. «On avait la plus belle société. Toute l'équipe a contribué à mon succès d'affaires. Ces employés, je les aurais tous gardés», a-t-il déclaré les larmes aux yeux, niant une quelconque sollicitation. 
Le litige entre les parties, qui dépasse le million de dollars, n'a cessé de prendre de l'ampleur au fil des années, ce qui a conduit au dépôt de plusieurs procédures civiles croisées comme des injonctions, des requêtes en dommages, des mesures d'expulsion et même une poursuite en diffamation. Ce sera à la juge Danye Daigle de trancher le débat au terme des audiences.