Bébé violenté: une mère condamnée 200 heures de travaux communautaires

Trois-Rivières — Une femme, dont le conjoint de l’époque avait violenté son bébé de huit mois parce qu’il pleurait, a admis avoir attendu plusieurs heures avant de le conduire à l’hôpital.

Lors de son retour devant le tribunal, cette jeune femme a en effet plaidé coupable à l’accusation d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à l’existence d’un enfant, ce qui lui a valu une sentence suspendue, 200 heures de travaux communautaires et une probation de deux ans avec l’interdiction de communiquer avec son ex-conjoint. Cette sentence prononcée par le juge David Bouchard fait suite à une suggestion commune de la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, et de l’avocat de la défense, Me Jean-Sébastien Gladu.

Notons d’emblée qu’on ne peut nommer la mère et son ex-conjoint pour protéger l’identité de l’enfant. Dans la nuit du 30 au 31 août 2017, des gestes de violence avaient été perpétrés sur le bébé. Selon ce que le prévenu avait lui-même admis, il avait perdu patience en entendant pleurer l’enfant et avait été brutal avec lui. Ce n’est qu’au matin, lors de son réveil, que la mère avait aperçu les blessures sur le corps de son enfant. Elle avait cependant attendu quelques heures avant de se décider à le conduire à l’hôpital, préférant appeler sa mère en tout premier lieu.

Les médecins avaient ensuite découvert que la petite avait les deux tibias et un poignet fracturés, et présentait des égratignures et des ecchymoses au visage. Un signalement avait alors été fait aux policiers.

Au terme d’une enquête policière, la mère, âgée de 20 ans, et son conjoint, 21 ans, avaient ensuite été arrêtés.

Alors que son procès devait commencer en juin dernier, l’homme avait décidé de régler son dossier en plaidant coupable à un chef de voies de fait causant des lésions sur le bébé, voies de fait contre la mère de l’enfant, méfait et ne pas avoir accompli tous ses travaux communautaires. Il avait été condamné à une peine totalisant deux ans moins un jour de prison. Il s’agissait également d’une suggestion commune.

Dans cette affaire, le ministère public avait déploré le peu de collaboration de la mère de l’enfant avec les autorités qui avait offert au départ plusieurs versions différentes sur ce qui s’était passé. Elle avait commencé à parler un peu plus lorsqu’elle avait elle-même porté plainte contre le suspect pour violence conjugale. Clairement, on avait tenu compte de son niveau de crédibilité qui aurait pu affecter l’issue d’un procès.

Le processus judiciaire la concernant a donc pris fin vendredi avec son plaidoyer de culpabilité et sa condamnation. Il importe de préciser que les blessures de son enfant ont guéri mais que celui-ci a été confié à une famille d’accueil.