Liam Roux a été retrouvé inerte par sa mère et sa grand-mère.
Liam Roux a été retrouvé inerte par sa mère et sa grand-mère.

Bébé secoué à mort : rien d’anormal avant l’absence de la mère

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
« Mon enfant a de la difficulté à respirer. Il n’ouvre même pas ses yeux. Il fait des drôles de sons. Il a les bras levés dans les airs et il ne bouge plus. »

C’est en ces termes que la mère d’Ariane Pomerleau a décrit la situation d’urgence à la centrale d’urgence 911 concernant la situation de son fils Liam le 26 février 2018.

D’un enfant qui exprimait ses premiers sourires en fin d’après-midi, Liam Roux a été retrouvé inerte par sa mère et sa grand-mère à leur retour en soirée.

Alexandre Roux avait passé la soirée en compagnie de son enfant de six semaines pendant que son beau-père jouait à des jeux vidéos.

Le père de l’enfant subit son procès au palais de justice de Sherbrooke pour l’homicide involontaire coupable de son enfant de six semaines en février 2018

L’individu de 22 ans est accusé d’avoir secoué à mort son bébé.

La mère et la grand-mère de Liam Roux ont témoigné tour à tour, mercredi, au deuxième jour du procès devant la juge Danielle Côté de la Cour du Québec.

Le jour des événements le 26 février 2018, la grand-mère de Liam Roux, ni Chantal Pomerleau ni Ariane Pomerleau n’a pas noté de signes anormaux chez l’enfant jusqu’à leur départ en soirée.

La grand-mère a témoigné que Liam était de « bonne humeur » et lui faisait même de petits sourires à son réveil en fin d’après-midi.

La mère de l’enfant, Ariane Pomerleau, explique que son enfant faisait des balbutiements dans sa chaise sur l’heure du souper.

« Il émettait des sons normaux où il commençait à vouloir jaser. Liam allait bien », signale Ariane Pomerleau.

Chantal Pomerleau a quitté la résidence de l’arrondissement de Brompton en soirée en compagnie de son fils adolescent et d’Ariane pour se rendre à la piscine vers 18 h

« Dans le logement, il restait mon conjoint Pascal, Alexandre et Liam. Il va bien et tout est correct », soutient Chantal Pomerleau.

« Liam va bien. C’est le même que d’habitude », ajoute Ariane Pomerleau lors de son témoignage.

Alexandre Roux avait passé la soirée en compagnie de son enfant de six semaines pendant que son beau-père jouait à des jeux vidéos.

Au retour dans le logement vers 20 h, la situation avait pris une tournure dramatique.

Ariane Pomerleau a constaté que quelque chose n’allait pas avec Liam avec une respiration « plus ou moins stable ». Elle indique qu’Alexandre Roux avait l’air de se demander ce qui se passait.

« Liam avait le petit bras gauche levé. Je l’ai pris face à moi. J’ai essayé de le faire réagir. Ses yeux étaient à moitié ouverts et il ne réagissait pas. J’avais peur. J’ai demandé à ma mère de m’aider » témoigne Ariane Pomerleau.

« J’entends Alexandre lui expliquer que le petit ne respire pas bien et que son bras est dans les airs. Il avait les yeux entrouverts. C’était vide. On voyait qu’il y avait quelque chose. Ma fille essayait de voir s’il allait réagir. Je l’ai pris. Il ne réagissait pas, mais ne respirait pas bien. Il râlait. J’ai essayé de le faire réagir en le chatouillant. Il n’y avait rien du tout », a mentionné Chantal Pomerleau lors de son témoignage en affirmant qu’elle était paniquée.

Les premiers répondants sont arrivés au logement de la rue Saint-Lambert pour soigner l’enfant, puis les ambulanciers paramédicaux l’ont transporté à l’hôpital.

La grand-mère de l’enfant affirme qu’elle était dépassée par les événements.

« J’étais fâchée. J’avais de la peine. Je ne comprenais pas que personne n’avait appelé avant. On le voyait clairement qu’il y avait quelque chose. Je le disais partout dans la maison », signale Chantal Pomerleau.

Ariane Pomerleau a tenté de savoir pourquoi Alexandre Roux l’avait attendue avant de contacter le 9-1-1.

« Il m’a dit qu’il voulait m’attendre pour savoir si c’était correct de contacter le 9-1-1 », mentionne Ariane Pomerleau.

Après la comparution d’Alexandre Roux devant le tribunal en 2018, des interdits de contact et de communiquer avec les témoins de cette affaire ont été imposés.

« Il y a plein de questions sans réponse. On voudrait qu’il soit avec nous, mais il y a une interdiction de contact imposé par la justice », indique Chantal Pomerleau.

En contre-interrogatoire, l’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique a fait ressortir que tant Chantal Pomerleau que la mère de l’enfant pourraient avoir un caractère prompt à certaines occasions.

C’est Me Laïla Belgharras qui représente le ministère public dans cette affaire.