Éric Michaud
Éric Michaud

Bébé brûlé: une experte exclut la thèse de l'eau chaude

SHAWINIGAN — Une chirurgienne plasticienne spécialisée en brûlures de l’hôpital Sainte-Justine soutient que «les brûlures subies aux mains par un bébé de 15 mois ne correspondent pas à celles causées par le flux d’un liquide chaud».

La Dre Isabelle Perreault, une experte appelée par la Couronne au procès d’Éric Michaud à Shawinigan, a en effet examiné et traité l’enfant lors de son hospitalisation. Bien qu’on l’ait informée au départ que le bébé se serait ébouillanté les mains avec l’eau chaude du robinet du bain, elle a expliqué vendredi, que ce scénario ne correspondait pas au type de brûlures qu’elle a constatées.

En ce sens, des photos des mains prises à l’hôpital Sainte-Justine dans les jours et les semaines suivant les brûlures, ont été diffusées dans la salle d’audience. Pour l’occasion, le juge Étienne Parent avait pris soin d’informer le jury de ne pas hésiter à demander une pause s’il en ressentait le besoin, ce qui n’a été pas le cas finalement. L’experte a donc pu décrire chacune des photos, tant au niveau des blessures, des interventions médicales réalisées que du processus de guérison.

Il s’agit pour elle de brûlures au deuxième degré dont certaines sont très profondes, s’apparentant à du troisième degré. Elle a noté l’absence de marques d’éclaboussures.

Qui plus est, elle a constaté la présence de lignes franches de démarcation. Elle a d’ailleurs parlé d’un «pattern d’immersion dans une quantité limitée de liquide». Elle a même été en mesure de confirmer que la main gauche avait été plongée dans le liquide avec la face dorsale vers le bas alors que la main droite a été immergée dans le liquide avec la face dorsale vers le haut compte tenu des lignes de démarcation.

Elle a ainsi corroboré la thèse de la Couronne, représentée par Me Émilie Goulet et Me Benoît Larouche, à l’effet que le suspect, Éric Michaud a délibérément plongé les mains du bébé dans l’huile encore chaude de la friteuse ayant servi à la préparation du repas du soir le 29 juillet 2017. Par contre, l’experte n’est pas en mesure de dire avec quel liquide le bébé a été brûlé.

Les blessures ont par ailleurs nécessité des greffes cutanées. Malgré toutes les interventions chirurgicales, la victime risque cependant d’avoir des séquelles des brûlures. La Dre Perreault a parlé de déformations au niveau des ongles dont l’atteinte esthétique pourrait être permanente. Toujours selon elle, l’enfant sera suivi par l’équipe traitante de l’hôpital Sainte-Justine tout au long de sa croissance afin de s’assurer que les fonctions de ses mains demeurent acceptables. D’autres interventions chirurgicales sont à prévoir.

Ce procès va se poursuivre lundi. Au cours de cette deuxième semaine à venir, la Couronne va faire témoigner quatre personnes dont deux civils et deux experts. Par la suite, ce sera au tour des avocates de la défense, Me Pénélope Provencher et Me Marie-Laurence Spain, de faire leur preuve.