Les étudiants de l'UQTR se sont rendus en grand nombre au local 10-12 pour rendre hommage à leur consoeur disparue dans des circonstances tragiques.

Au revoir à un «rayon de soleil»

Encore sous le choc d'avoir perdu leur compagne dans la fusillade de mardi dernier à Trois-Rivières, les présidents des différentes associations étudiantes de l'UQTR ont organisé, vendredi, un rassemblement afin de permettre aux étudiants de partager leur peine et de dire adieu à la jeune femme de 22 ans qui était sur le point de terminer sa formation en ergothérapie.
C'est dans le «1012», ce vaste local du pavillon Nérée-Beauchemin où les étudiants font habituellement des assemblées générales ou des fêtes, que la communauté universitaire était conviée, dès 8 h vendredi matin, pour signer un petit mot sur une vaste murale collée au fond de la salle. Vendredi midi, cette murale colorée d'au moins 160 pensées d'amitié envers la jeune victime, a été transportée à l'entrée du département d'ergothérapie. Les gens pourront donc continuer à écrire leurs pensées jusqu'aux funérailles. Il n'est pas exclu que l'affiche en question soit remise à la famille par la suite, indiquent les organisateurs.
Certains sont passés au local avec des fleurs. C'est le cas de la rectrice, Nadia Ghazzali, qui a même tenu à écrire un mot sur la murale au nom de la communauté universitaire. Mme Ghazzali a d'ailleurs passé une grande partie de l'avant-midi au 1012 afin de partager sa peine avec les visiteurs.
«On va passer à travers ensemble», dit-elle en indiquant que toute la communauté universitaire est grandement touchée par ce drame.
Tout le monde portait, pour l'occasion, une casquette de couleur orange ou un carré orange, incluant la rectrice. Émilie De Lange, qui se décrit comme la meilleure amie de la victime, raconte que l'idée de la casquette orange vient justement de son amie qui était très impliquée dans son association étudiante. Cette couleur illustre en effet les étudiants d'ergothérapie de l'UQTR partout où ils vont, notamment quand il y a des activités interuniversitaires. 
«C'est elle qui a parti la vague, alors on la soutient en ayant la casquette aujourd'hui», a-t-elle raconté vendredi.
Rares étaient ceux qui ressortaient du local, vendredi, sans être en larmes. Émilie De Lange résume bien pourquoi il y avait autant d'émotions: «C'était un rayon de soleil, une fille qui ne jugeait pas, qui aimait tout le monde, qui donnait plus qu'elle ne recevait, une fille extrêmement généreuse.»
D'ailleurs, la jeune victime se faisait des amis partout où elle passait. Par le biais de ses activités étudiantes, elle s'était fait des amis dans plusieurs autres universités, raconte Émilie De Lange.
Vendredi, les organisateurs attendaient d'ailleurs des étudiants d'Ottawa, de McGill, de Sherbrooke et de Laval. Malheureusement, à cause de la tempête, quelques personnes de Sherbrooke seulement ont pu se présenter au département, tenant mordicus à rendre hommage à leur amie partie trop vite.
«L'idée de cette activité, c'était de se retrouver ensemble, de se tenir et montrer au département le plus touché (par la tragédie) qu'on est là, qu'on la connaissait, qu'on l'aimait et qu'on se tient», résume Robin Fournier, président de l'Association des étudiants en psychoéducation et principal organisateur de ce rassemblement avec Simon Cinq-Mars, président de l'Association des étudiants au doctorat en chiropratique.
L'UQTR, rappelons-le, a accordé une levée de cours pour le reste de la semaine aux étudiants de quatrième année du département d'ergothérapie qui auront du soutien pour reprendre plus tard les journées perdues, assure la rectrice.
Mme Ghazzali raconte qu'à l'occasion de la rencontre avec les personnes les plus touchées par le drame, mercredi, «tout le monde pleurait, incluant la rectrice», précise-t-elle. «J'ai des enfants aussi...», fait-elle valoir.
La rectrice raconte que la directrice du département d'ergothérapie a reçu des courriels de sympathie de partout au Canada. «C'est un drame qui n'a pas seulement foudroyé Trois-Rivières», fait-elle valoir.
De son côté, l'Association générale des étudiants de l'UQTR organisera elle aussi une cérémonie de recueillement le lundi, 17 février, à 15 h 15, également au local 1012 du pavillon Nérée-Beauchemin.
Aujourd'hui, à 13 h, un rassemblement est organisé devant le Collège Marie-de-l'Incarnation par une finissante, Marianik Dubois, qui a connu les deux soeurs assassinées mardi puisqu'elles ont toutes deux fréquenté le CMI. Rappelons que la victime de 17 ans en était à sa dernière année de secondaire.
Finalement, sans doute à cause du très mauvais temps qu'il faisait vendredi, entre 200 et 250 personnes ont défilé dans le local 1012, tout au long de l'avant-midi, alors que les organisateurs s'attendaient à accueillir au moins 500 personnes.
Robin Fournier et Simon Cinq-Mars racontent que l'atmosphère était très lourde, au début, mais vers la fin de l'avant-midi, plusieurs étudiants ont décidé de chanter des chansons qui plaisaient à leur consoeur et des chansons qui lui ressemblaient. «Ça a fait du bien. Ça a détendu l'atmosphère. Je pense que c'est ça qu'elle aurait voulu aussi, qu'on se rappelle les bons moments», fait valoir Robin Fournier.
La direction a mis à la disposition de la communauté de l'UQTR une aide psychologique accessible jour et nuit, chaque jour, qui durera «le temps qu'il faudra», dit la rectrice. «Si ça prend un année ou deux, ça prendra une année ou deux», dit-elle, car les émotions ne sortent pas toujours tout de suite, fait-elle valoir.