Arnaques de grands-parents: Jean Mallette déclaré coupable

Trois-Rivières — Un verdict de culpabilité vient d’être rendu contre Jean Mallette, un individu de Montréal considéré comme l’une des têtes dirigeantes de cet important réseau d’arnaqueurs de grands-parents qui a sévi un peu partout au Québec en 2015 et 2016.

Son principal complice, Steven Devantro, a déjà été condamné à purger une peine de six ans de pénitencier pour avoir fraudé ou tenté de frauder pas moins de 70 personnes âgées au cours de cette période. Uniquement dans la région, Devantro avait fait une dizaine de victimes dont cette femme de Trois-Rivières qui avait été arnaquée de 7000 $ le 1er février 2016. Ce sont ses deux fils qui avaient réussi à intercepter les deux collecteurs en attendant l’arrivée des policiers. C’est à partir de cet événement que la police avait été capable de remonter jusqu’à Steven Devantro et de l’arrêter. Même s’il n’est pas considéré comme l’instigateur de ces arnaques, il y a joué un rôle de premier plan.

On se rappelle d’ailleurs que les plaintes concernant des fraudes commises au détriment de personnes âgées avaient commencé à affluer en 2015. Pas moins de 300 avaient été dénombrées. L’enquête avait donc été confiée au bureau des crimes économiques de la Sûreté du Québec. On avait alors découvert l’existence d’un groupe de fraudeurs qui fonctionnaient avec le même modus operandi: on ciblait toujours des femmes âgées qui pouvaient avoir des petits-fils d’âge adulte, d’où le choix de prénoms à consonance ancienne comme Simone, Gisèle, Réjeanne, Rita, etc. L’âge des victimes variait entre 75 et 91 ans.

Les policiers apprennent également que le scénario était toujours le même: on appelle une dame en se faisant passer pour son petit-fils ou son neveu. Il prétend être au poste de police après avoir été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. Il a besoin de 5000 $ pour être libéré. Il est aussi arrivé qu’on demande plus d’argent pour payer des frais d’avocats. À certaines occasions, une autre personne joue le rôle d’un policier pour confirmer l’arrestation. On mentionne ensuite qu’un ami va aller recueillir l’argent.

Mais l’arrestation d’Alexandre Dubé et de Sébastien David Perez Sauvé, surpris en flagrant délit d’arnaque au début de février 2016 à Trois-Rivières, marque le début de la fin. D’autres complices seront arrêtés dans les jours suivants. L’enquête permettra ensuite de remonter jusqu’à Steven Devantro de Montréal. Une équipe de filature a d’ailleurs surveillé ses déplacements. C’est alors qu’on a découvert l’existence de Jean Mallette. Les deux hommes seront arrêtés à la fin de mars 2016. Devantro va plaider coupable dans 78 dossiers de fraudes ou tentatives de fraudes, mais Jean Mallette a plaidé non-coupable aux 34 chefs d’accusation de fraudes et tentatives de fraudes portés contre lui. La majorité des délits ont été commis dans la région de Montréal, à l’exception de trois événements survenus à Nicolet, Trois-Rivières et Louiseville le 4 février 2016.

Dans le cadre d’un procès de dix jours à Trois-Rivières, la procureure de la Couronne, Me Martine Tessier, a présenté une preuve technique complexe dans laquelle on a réussi à relier plusieurs cellulaires qui ont interagi durant les fraudes dont celui utilisé par l’accusé. Ainsi, c’est Jean Mallette qui appelait notamment les victimes en se faisant passer pour leur petit-fils. Une experte en écriture a confirmé que l’accusé est celui qui a écrit le scénario d’arnaque et des coordonnées de victimes. En fait, selon la preuve de la poursuite, il est celui qui initiait les appels aux victimes. Une preuve de faits similaires s’est appliquée sur chacun des chefs d’accusation en raison du degré de similitude entre les délits.

Dans sa décision, le juge Guy Lambert a conclu qu’effectivement la poursuite avait réussi à faire la preuve hors de tout doute raisonnable de son implication dans ces fraudes. Jean Mallette a été déclaré coupable sur la majorité des chefs. Les plaidoiries sur sentence ont été fixées au 19 juin.