Thao Neth

Appel refusé pour Thao Neth

Thao Neth, cet homme qui avait été impliqué dans une fusillade avec le Groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec en 2013, ne pourra pas porter en appel le verdict de culpabilité rendu contre lui.
La Cour d'appel vient tout juste de rejeter sa requête pour permission d'en appeler. Le juge a en effet conclu que contrairement aux prétentions de l'avocat de M. Neth, Me Marco Morin, aucune erreur manifeste n'a été commise par le tribunal de première instance. 
Rappelons qu'au terme d'un procès, Thao Neth avait été déclaré coupable de deux des trois chefs d'accusation qui pesaient contre lui, soit d'avoir déchargé intentionnellement son arme sans se soucier d'autrui et d'avoir eu en sa possession un fusil dans un dessein dangereux. 
Les événements étaient survenus le 13 septembre 2013 à Saint-Mathieu-du-Parc. Thao Neth s'était fait tirer dessus dans le cadre d'une opération contre la drogue menée dans le secteur.
M. Neth était lui-même armé à ce moment-là puisque selon ses dires, il chassait la perdrix sur ses terres. Il avait croisé les policiers. S'en était suivi un échange de coups de feu et M. Neth avait été atteint à l'épaule. Il avait ensuite été embarqué dans un hélicoptère pour être emmené au CHRTR. 
Le juge Guy Lambert n'avait pas retenu la version présentée par Thao Neth, estimant qu'elle n'était pas crédible. À la lumière de la preuve et des témoignages entendus au procès, il avait plutôt retenu la thèse soulevée par la poursuite à l'effet que M. Neth était un homme qui refusait que des personnes circulent sur ses terres et qu'il n'hésitait pas à utiliser une arme pour faire peur aux intrus. 
En guise de condamnation, il lui avait fait bénéficier d'une sentence suspendue mais avec l'obligation de réaliser 240 heures de travaux communautaires en l'espace de 18 mois, de verser 1000 $ à des organismes et de se soumettre à une probation pendant deux ans. Grand amateur de chasse, M. Neth sera également privé d'armes à feu, et ce, pendant les dix prochaines années. 
Or, M. Neth a toujours nié tout acte criminel, se disant depuis le début victime d'une bavure policière. Il avait donc déposé une requête pour permission d'en appeler, reprochant au juge Lambert des erreurs en faits et en droit. 
Lors des audiences devant la Cour d'appel qui ont eu lieu mercredi, le procureur de la Couronne Me Louis-Charles Bal y est allé d'arguments contraires qui, de toute évidence, ont été retenus par le juge Guy Gagnon.
Ce dernier considère que le juge Lambert a procédé à une analyse soignée de la preuve, appliquant rigoureusement la grille d'analyse proposée par la Cour suprême sur l'évaluation de la crédibilité des témoins. Il conclut aussi que le juge s'est bien dirigé en droit et que son appréciation de la preuve n'était pas viciée par une erreur manifeste.