André «Rocky» Poulin sera détenu pour la suite des procédures judiciaires.

André «Rocky» Poulin demeure détenu: le gala de boxe annulé à La Tuque?

La Tuque — Le propriétaire du Club de boxe Les guerriers du ring de La Tuque, André «Rocky» Poulin, restera derrière les barreaux jusqu’à la tenue de son procès. C’est ce qu’a ordonné le juge Jacques Trudel au terme de son enquête sur remise en liberté. La tenue du gala de boxe, organisé par André Poulin, est donc plus qu’incertaine.

L’événement, qui devait se tenir le 11 mai au Colisée municipal, ne devrait pas avoir lieu, bien que le promoteur n’ait pas confirmé cette affirmation. «Si je ne suis pas là, il n’y a plus de gala. Je ne sais pas ce qu’il va arriver…», avait-il lancé lors de son enquête sur remise en liberté, mardi.

À la Ville de La Tuque, on affirme qu’il n’y aura pas de pénalité pour le promoteur même si l’événement n’a pas lieu le 11 mai tel que prévu. «On n’a aucuns frais encourus présentement pour l’organisation du gala de boxe. On commence à travailler là-dessus le 7 mai seulement. On va voir ce qui va se passer d’ici là. On n’a pas perdu de location non plus puisqu’on est en période estivale. Actuellement, il n’y a aucuns frais encourus par la Ville donc pas de pénalité», a indiqué Hélène Langlais, directrice des communications de Ville de La Tuque.

Rappelons qu’André Poulin a été accusé en début de semaine de harcèlement criminel vis-à-vis son ex-conjointe et le fils de cette dernière. On lui reproche également d’avoir omis de se conformer à l’ordonnance de probation à laquelle il était soumis.

Le juge Trudel a rendu sa décision, mercredi, au palais de justice de La Tuque dans le cadre de l’enquête sur remise en liberté.

Le juge a d’abord souligné que «la preuve est lourde et accablante». Il s’est également attardé au risque de récidive qu’il a qualifié de «plus que probable».

«Compte tenu de la preuve et de la persistance que vous auriez démontrée dans le harcèlement de ces gens-là, seulement cela me mène à la conclusion qu’il y a une probabilité marquée de récidive», a-t-il lancé.

Le juge a aussi noté que l’accusé avait nié en totalité alors que la preuve est claire.

«Si vous êtes déclaré coupable, la preuve révèle que vous avez littéralement pendant deux à trois mois, empoisonné la vie de cette personne.»

Dans sa décision, le juge a expliqué qu’il avait pris en compte le fait que l’accusé avait une entreprise, soit un club de boxe, et qu’un événement était organisé bientôt.

«Le harcèlement que vous auriez perpétré, pour une bonne partie, s’est produit alors que vous étiez occupé à l’organisation de votre gala de boxe et à votre école de boxe. Pourtant, malgré cette activité fort légitime, vous auriez continué à harceler la victime», a-t-il souligné.

Le juge Jacques Trudel s’est également arrêté sur les nombreux antécédents judiciaires d’André Poulin. Il a souligné que l’accusé avait été condamné dans les dernières années pour ce type d’infraction de menaces et de harcèlement à une dizaine de reprises.

«Une dizaine de reprises, a insisté le juge, et dans un contexte conjugal de sept à huit fois.»

«Harcèlement, harcèlement, menaces, harcèlement, menaces, harcèlement…», a-t-il énuméré.

André Poulin cumule également plus d’une vingtaine de bris de probation à son dossier. Le juge a également fait remarquer que l’accusé avait reçu une peine à l’été 2017 pour des infractions de 2014.

«Vous avez bénéficié d’un sursis de sentence, ce n’est pas une peine sévère, mais le juge y a rattaché un don de 750 $, une probation de 3 ans et une thérapie. […] Selon ce que je vois, rien n’y a fait, ni la probation, ni la clémence du Tribunal jusqu’à un certain point. Vous auriez récidivé», a noté le juge.

Ce dernier a donc ordonné la détention d’André «Rocky» Poulin pour le reste des procédures judiciaires. L’accusé sera de retour devant le tribunal le 16 mai.