Amosi Niyonkuru

Amosi Niyonkuru devra attendre

TROIS-RIVIÈRES — Amosi Niyonkuru, ce jeune Drummondvillois de 21 ans, devra patienter jusqu’au lundi 17 septembre pour savoir s’il pourra ou non reprendre sa liberté durant les procédures judiciaires intentées contre lui pour délit de fuite mortel et bris de conditions.

Au terme d’une enquête sur caution qui a eu lieu vendredi, la juge Guylaine Tremblay a en effet décidé de prendre la cause en délibéré.

Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, s’oppose à la remise en liberté du suspect sous prétexte que cela pourrait miner la confiance du public en l’administration de la justice. En ce sens, il a soumis plusieurs arguments.

Notons cependant qu’en vertu d’une ordonnance de non-publication, il nous est interdit de dévoiler la preuve qui a été présentée devant le tribunal et le contenu des témoignages. On peut seulement préciser que l’avocat de la défense, Me Matthieu Poliquin, a plaidé pour la libération de son client en invoquant entre autres la jurisprudence et son absence d’antécédents judiciaires. Il a aussi fait témoigner son client, sa copine et sa mère.

Rappelons que le jeune homme est soupçonné être l’auteur d’un délit de fuite qui a causé la mort de Jeannot Beaupré, 63 ans, au pied de la côte Plouffe le 19 juillet.

Selon les premières constatations, un policier à pied aurait tenté de parler au jeune homme qui se trouvait dans son véhicule, après avoir détecté une plaque d’immatriculation impayée. Le jeune homme aurait alors fui les lieux et roulé à une vitesse estimée à 100 km/h, avant de percuter le véhicule de la victime ainsi que d’autres véhicules à l’intersection de la côte Plouffe et de la rue Sainte-Marguerite.

Le 23 juillet, il avait cependant pu reprendre sa liberté, mais avec de sévères conditions. Il s’était engagé pour un montant de 10 000 $ sans dépôt. Son père avait lui aussi accepté de fournir une garantie de 5000 $ sans dépôt. Il lui était alors interdit de conduire un véhicule, de quitter le Québec et il devait poursuivre ses cours de francisation puisqu’il parle le Kirundi, un dialecte de l’Afrique de l’Est. L’accusé n’a en outre pas le droit d’entrer en contact avec des témoins potentiels et les membres de la famille de Jeannot Beaupré. Il devait demeurer au domicile familial à Drummondville et y respecter un couvre-feu entre 22 h et 6 h le matin.

Or, un mois plus tard, il aurait enfreint ses conditions en ne respectant pas son couvre-feu. Dans la nuit du 19 au 20 août, vers minuit, il aurait été intercepté alors qu’il se trouvait dans une résidence de la rue Marchand par des policiers de la Sûreté du Québec à Drummondville. Il avait alors été arrêté. Depuis, il est détenu. On se rappellera aussi qu’à sa sortie du palais de justice, Niyonkuru avait souri et fait des signes de contentement aux caméras et journalistes qui l’attendaient.