Alexis Vadeboncoeur a plaidé coupable à une vingtaine de chefs d'accusation, jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières.

Alexis Vadeboncoeur: «Je dois payer mes dettes»

Sous prétexte que le poids de ses erreurs lui pèse lourd sur les épaules, Alexis Vadeboncoeur a décidé de régler ses comptes avec la justice. Il a en effet plaidé coupable, jeudi, à toutes les accusations portées contre lui, ce qui lui a valu une peine de quatre ans et demi de prison.
«Je dois affronter et payer mes dettes. Voilà pourquoi je plaide coupable aujourd'hui», a-t-il indiqué au juge Jacques Lacoursière. Par le fait même, il a admis avoir commis une série d'erreurs très graves. «Je ne suis pas un individu criminalisé. J'ai pris des mauvaises décisions. Le sommet de la bêtise en fait. C'est très lourd pour moi. Pourtant, j'ai une bonne base, j'ai une famille avec moi mais ma structure est toute croche», a-t-il également déclaré.
Le jeune homme de 20 ans, dont l'arrestation musclée par les policiers de Trois-Rivières a défrayé les manchettes, a donc plaidé coupable à toutes les accusations portées contre lui en lien avec six événements. Dans un premier temps, il a admis s'être introduit par effraction le 11 octobre 2012 dans un logement de Trois-Rivières pour y chercher de l'argent mais sans succès.
Il s'est également reconnu coupable d'avoir commis un premier vol qualifié à la pharmacie Jean Coutu du boulevard des Récollets le 2 février 2013, d'avoir braqué une arme à feu (en l'occurrence un pistolet à plomb), d'avoir porté une cagoule pour se déguiser, d'avoir eu en sa possession des dilaudid pour des fins de trafic et d'entrave aux policiers. On se rappelle que c'est à la suite de ce vol qualifié qu'une caméra de surveillance du Cégep de Trois-Rivières avait filmé son arrestation.
En mars suivant, le jeune homme, dont la dépendance aux stupéfiants date de sa préadolescence, avait été envoyé dans un centre de désintoxication pour y suivre une thérapie de six mois. Il l'avait complétée, même si en cours de route il avait dû changer de ressources.
Le 28 août, il avait été libéré sous conditions. Or, le 7 septembre, il avait omis de se présenter au poste de police comme convenu, ce qui avait entraîné un premier bris d'engagements. Puis, le 9 novembre, il était intercepté pour possession de cannabis et trois bris d'engagements toujours en lien avec ses conditions de remise en liberté.
Le 18 novembre, une deuxième chance lui était donnée par le biais d'une autre thérapie cette fois-ci à Upton. Malgré cela, il prenait la fuite le 6 janvier après avoir été expulsé du centre, contrevenant encore une fois aux ordonnances du tribunal qui l'obligeait à y demeurer 24 heures sur 24.
Une cavale de deux mois avait alors commencé pour lui. Le 13 mars dernier, les policiers avaient réussi à lui mettre la main au collet après qu'il eut tenté de commettre un vol qualifié dans la même pharmacie Jean Coutu qu'il avait cambriolée en février 2013.
Vadeboncoeur s'était masqué le visage d'une cagoule, avait sauté par-dessus le comptoir de la pharmacie afin de réclamer des narcotiques mais en vain. Notons que cette fois-ci cependant, il n'était pas armé. Il avait été arrêté quelques minutes plus tard chez sa conjointe. Outre le vol qualifié et le port de déguisement, des accusations de bris d'engagements avaient aussi été portées.
Au total, il a donc plaidé coupable à près d'une vingtaine de chefs. Après discussions, la Couronne représentée par Me Jean-Marc Poirier et l'avocat de la défense, Me René Duval, se sont entendus pour suggérer une peine de 54 mois de prison au juge Jacques Lacoursière. Après avoir pris la cause en délibéré, le juge a conclu que cette suggestion était raisonnable dans les circonstances et l'a donc entérinée.
Selon lui, elle tient compte de la détention provisoire de 45 jours, de son plaidoyer de culpabilité qui évite la tenue d'un long procès, de l'absence d'antécédents judiciaires de Vadeboncoeur, de son âge et de l'absence de séquelles infligées aux victimes. Notons d'ailleurs que la peine minimale pour un vol qualifié avec utilisation d'une arme est de quatre ans.
D'autre part, Me Duval a confirmé, jeudi, que la poursuite civile intentée par Alexis Vadeboncoeur contre les policiers ayant procédé à son arrestation est toujours en cours, rappelant du même coup qu'il s'agit de deux dossiers complètement indépendants. Les policiers, qui font face également à des accusations criminelles, devront quant à eux se présenter en cour le 30 juin dans le cadre de leur enquête préliminaire.