L’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique avec Alexandre Roux quelques minutes avant  la décision du Tribunal.
L’avocate de la défense Me Jessyca Duval de l’aide juridique avec Alexandre Roux quelques minutes avant  la décision du Tribunal.

Alexandre Roux reconnu coupable d’avoir secoué à mort son enfant

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Alexandre Roux a été reconnu coupable d’avoir secoué à mort son enfant à Sherbrooke en février 2018.

Près de trois ans après les tragiques évènements du 26 février 2018, la mère de l’enfant, Ariane Pomerleau, vit encore avec les conséquences de ce tragique épisode de violence qui a couté la vie à son fils Liam.

« C’est encore difficile à vivre surtout dans les circonstances dans lesquelles on a vécu ça. Aujourd’hui, c’est un soulagement de savoir qu’Alexandre a été reconnu coupable. Au départ, nous avons tous été dans le déni parce qu’on ne pensait pas que c’était quelqu’un qui était capable de faire ça », explique Ariane Pomerleau.

La juge Danielle Côté de la Cour du Québec a reconnu Alexandre Roux coupable de l’homicide involontaire coupable de son bébé de six semaines, jeudi au palais de justice de Sherbrooke.

« Le diagnostic de TCNA n’étant pas contesté, une seule conclusion raisonnable peut être tirée de la preuve circonstancielle : l’accusé est l’auteur des gestes ayant mené à ce diagnostic », conclut la juge Côté.

La juge a déterminé que Liam Roux était décédé d’un traumatisme crânien non accidentel causé par Alexandre Roux qui l’a secoué violemment le 26 février. Le bébé est décédé le 7 mars 2018.

Le jeune couple vivait ensemble depuis à peine quelques mois lorsque Liam est arrivé dans leur vie.

« Le support que j’ai eu à la suite de cet évènement m’a aidé à comprendre des choses. Si j’avais remarqué quelque chose, je ne serais jamais resté avec lui. Je l’aimais Alexandre et c’était une bonne personne. C’est difficile de dire comment on se sent aujourd’hui et comment on se sentait à ce moment-là », signale Ariane Pomerleau à la sortie du Tribunal. 

Alexandre Roux a écouté attentivement le récit des évènements lu par la juge Côté dans la décision écrite qui a été déposée au Tribunal.

Des hématomes et saignements au cerveau, des saignements à l’œil de même que 34 fractures ont été relevés chez l’enfant de six semaines par l’équipe médicale qui l’a soigné. 

La juge a cité le Dr Sébastien Roulier qui a parlé de catastrophe neurologique dans le cas de Liam Roux dans son témoignage au procès qui s’est déroulé en septembre dernier.

« Il survient en évènement d’une violence extrême entre le moment où l’enfant est bien et le moment où les ambulanciers arrivent, qui cause les graves dommages neurologiques constatés à son arrivée à l’hôpital (...) La preuve non contredite est que Liam a été secoué », signale la juge.

Dans ses déclarations aux policiers, Alexandre Roux niait catégoriquement avoir secoué son enfant. Il n’a pas témoigné lors de son procès.

Plusieurs contradictions

« La version de l’accusé n’est pas crédible parce qu’elle contient plusieurs contradictions », estime la juge Côté.

La juge a retenu la thèse soulevée par la poursuite, soit qu’Alexandre Roux avait bénéficié d’une fenêtre d’opportunité exclusive d’agir à l’égard de son fils, de manière à causer les lésions constatées par le corps médical, puis son décès. 

En regardant chacun des membres de la famille de la victime, la juge Côté les a exclus des conclusions possibles pour avoir causé les blessures à Liam Roux.

Le jour des évènements, Liam Roux faisait des sourires à sa grand-mère en fin d’après-midi et qu’il était dans sa chaise au souper avec toute la famille. 

Lorsque la mère de l’enfant, la grand-mère et son fils partent à la piscine, vers 18 h, tout était normal. 

Alexandre Roux est resté seul avec son enfant ainsi que le grand-père qui passera la soirée à jouer à des jeux vidéos. L’accusé est allé à deux reprises à son logement avec le bébé. 

« Discutant du fait que Liam a été secoué et qu’il n’y a que lui et son beau-père de présent, il affirme que ça ne peut pas être son beau-père. On lui dit alors qu’il faut que ce soit lui qui ait secoué Liam et il répond : “ peut-être en l’accotant, je le sais pas, j’ai pas.. j’ai pas remarqué là ” (sic) », a relevé la juge de la version que Roux a donné aux policiers.

Un rapport présentenciel a été ordonné dans cette affaire.

Les observations sur la peine se dérouleront le 17 février prochain.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras a confirmé à la sortie du Tribunal qu’elle entend demander une peine de prison ferme.

C’est Me Jessyca Duval de l’aide juridique qui défend Alexandre Roux.