Agressions sexuelles sur un bébé

C'est le 8 avril que Luc Greth connaîtra sa sentence pour avoir agressé sexuellement un bébé pendant plus d'un an.
Ce jeune homme, autrefois de Trois-Rivières mais maintenant domicilié à Shawinigan, a en effet admis s'être livré à des délits sexuels sur un enfant âgé entre un et quatorze mois.
Les gestes reprochés ont été commis entre avril 2010 et octobre 2011. Il a profité du fait qu'il était seul avec cet enfant pour se masturber en sa présence ou même utiliser ses pieds pour le faire. À une reprise, alors que l'enfant avait seulement un mois, il a mis son pénis dans sa bouche. Enfin, le dernier événement plus aggravant qu'on lui reproche est d'avoir enlevé la couche du bébé pour stimuler ses parties génitales.
Comme il a plaidé coupable à une agression sexuelle portée par voie de déclaration sommaire, la peine maximale pour cette infraction est de 18 mois. La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Catherine Roberge, a donc demandé au juge Jacques Trudel l'imposition d'une peine de prison ferme variant entre 12 et 15 mois, assortie d'une probation.
Elle a d'ailleurs pris soin de mentionner que la peine de 12 mois de prison ferme le rendrait admissible au Programme d'évaluation, de traitement et de recherche auprès des auteurs d'agression sexuelle (PETRAAS) de la prison de Percé.
Selon elle, les facteurs de dénonciation et de dissuasion sont prioritaires dans cette affaire en raison de la gravité des gestes, du jeune âge de l'enfant, de l'abus d'autorité et du risque de récidive, toujours présent.
En effet, le rapport présentenciel a révélé que le délinquant ne comprend pas encore l'ampleur de sa problématique sexuelle, minimise ses agissements et entretient une pensée magique quant à l'improbabilité d'une rechute. Le rapport sexologique fait d'ailleurs état des nombreuses déviances sexuelles de Luc Greth.
Certes, l'individu a entrepris trois thérapies depuis son arrestation. Or, la procureure a souligné qu'il n'a pas complété les deux premières. Quant à la troisième, il vient de la commencer à la Maison Radisson. Elle se questionne donc sur ses motivations à s'investir à fond dans une thérapie.
L'avocat du délinquant, Me Pierre Spain, a pour sa part réclamé une peine dans la collectivité dont il laisse le quantum à la discrétion du juge. Il a insisté sur le fait que son client, un homme sans antécédents judiciaires, avait commis des gestes impulsifs et non prémédités. Il a aussi rappelé qu'il était un actif pour la société et surtout qu'il s'était dénoncé lui-même.
En ce sens, il a expliqué au tribunal que Luc Greth, conscient des gestes qu'il avait posés, avait décidé lui-même de se dénoncer aux policiers et de collaborer avec eux.
Il a aussi fait valoir son plaidoyer de culpabilité et ses démarches en vue de suivre des thérapies pour mettre un terme à ses déviances sexuelles. Enfin, il a fait valoir l'absence de preuve de séquelles à l'enfant. Selon lui, la peine doit aussi favoriser la réinsertion sociale et susciter la conscience de ses responsabilités.
Le juge a pris la sentence en délibéré. Elle sera rendue le 8 avril.