Agressions sexuelles: Michel Lang en attente de sa sentence

«Tout ce que nous souhaitons est que Michel Lang reçoive une peine justifiée pour les actes qu'il a commis. Et pour nous, ça veut dire la prison.»
Au terme des plaidoiries sur sentence qui ont eu lieu mercredi après-midi, les deux victimes de Michel Lang ne cachaient pas un certain malaise. Sept ans après le dépôt de leurs plaintes pour des agressions sexuelles, celles que l'on ne peut identifier en vertu d'une ordonnance de non-publication trouvent le processus judiciaire long et pénible, d'autant plus qu'elles doivent être confrontées à leur agresseur.
Toutefois, le plaidoyer de culpabilité que Michel Lang a enregistré leur aura permis d'éviter de témoigner dans le cadre d'un procès. Elles attendent désormais avec une certaine inquiétude le prononcé de la sentence qui devrait être rendu le 16 mai. «Il faut s'armer de patience. Mais, nous croyons qu'il faut aller jusqu'au bout dans des causes semblables. C'est important. On souhaite d'ailleurs que ça incite les victimes à dire et à dénoncer», ont-elles ajouté avec espoir.
Dans cette affaire, le juge Bruno Langelier aura notamment à déterminer s'il impose une peine de prison ferme au Shawiniganais de 59 ans ou s'il lui permet de purger sa peine dans la collectivité.
On se rappellera qu'en février 2012, le prévenu avait été cité à subir son procès pour des agressions et des attouchements sexuels commis sur deux femmes. Les faits qui lui étaient reprochés auraient été commis entre 1984 et 1995.
Or, en août 2013, à la suite d'une entente intervenue entre la Couronne et la Défense, Lang avait finalement plaidé coupable à des accusations réduites soit un chef d'accusation d'agression sexuelle et deux chefs d'attouchements sexuels pour des événements survenus à Shawinigan entre 1989 et 1998.
La première victime était âgée entre 13 et 18 ans. Lang avait admis lui avoir touché les seins de deux à trois fois par semaine au cours de cette période. La seconde victime avait 18 ans. Lang lui avait infligé le même type d'agression mais à une seule reprise.
Les conséquences ont cependant été très lourdes. L'une d'elles a raconté, mercredi, avoir perdu confiance en elle-même. Elle a été victime d'une dépression et a souffert d'anxiété. Elle a vécu de l'instabilité amoureuse, des difficultés professionnelles, des troubles alimentaires, une obsession maladive pour la propreté et une propension à l'automutilation.
La colère qu'elle éprouve est constante. Encore aujourd'hui, elle cherche toujours à s'isoler du regard des autres.
«C'est toute ma vie que je vais devoir travailler sur ce que tu as brisé en moi. J'aimerais juste aujourd'hui reprendre le contrôle de ma vie le plus sereinement possible», a-t-elle lancé à son agresseur.
La Couronne, qui était représentée mercredi par Me Simon Murray, a réclamé une peine de 15 à 18 mois de prison ferme. Selon lui, la sentence doit favoriser les principes de dénonciation et dissuasion.
Il a insisté sur le nombre de victimes, sur le fait que l'une d'elles était mineure, sur les séquelles subies, sur l'abus de confiance, sur la répétition des gestes et sur le manque de responsabilisation de l'agresseur selon un rapport présentenciel.
L'avocat de la défense, Me Simon Ricard, a plutôt proposé une peine variant entre huit et 12 mois à être purgée dans la collectivité et des travaux communautaires. À la lumière d'un rapport sexologique, il soutient que les risques de récidive sont faibles à long terme.
Il a rappelé que Michel Lang avait toujours été un actif pour la société, qu'il n'avait aucun antécédent judiciaire, qu'il consultait présentement un sexologue, et que son profil de réhabilitation était bon. Il a aussi plaidé le fait qu'il avait besoin de soins médicaux à la suite d'un accident mais davantage sa conjointe, qui a de la difficulté à marcher.
Finalement, Michel Lang s'est adressé au juge pour dire qu'il regrettait d'avoir posé pareils gestes. Il dit souhaiter le pardon de ses victimes.
La sentence a été prise en délibéré jusqu'au 16 mai.