Agression sexuelle: Marcel Gauvin acquitté

Marcel Gauvin, un des anciens propriétaires du bar l'Influence à La Tuque, a été acquitté, mercredi au palais de justice de La Tuque, des accusations d'agression sexuelle et de grossière indécence qui avaient été portées contre lui.
«Bien que le tribunal soit persuadé que l'accusé n'a pas dit toute la vérité, l'ensemble de la preuve ne peut convaincre le tribunal hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de l'accusé», a affirmé la juge Dominique Slater.
«Le tribunal n'affirme pas par son verdict que la victime a menti», a-t-elle précisé un peu plus loin.
La plaignante affirmait qu'elle avait été agressée sexuellement par Marcel Gauvin le soir de l'Halloween 1986 alors qu'elle avait 16 ans. La juge Slater a noté plusieurs contradictions et volte-face dans les différentes versions de l'événement de la plaignante.
«Le tribunal constate que les souvenirs de la plaignante se précisent au fil du temps, mais ses versions, à différents moments, contiennent plusieurs contradictions. [...] Le tribunal constate la présence de plusieurs contradictions sur des faits pertinents au litige qui sont de nature à affecter la fiabilité de son témoignage», a affirmé la juge Slater.
L'homme maintenant âgé de 67 ans avait nié avoir agressé la jeune femme ou n'importe qui d'autre.
«Il est pour le moins surprenant que l'accusé n'ait aucun souvenir d'avoir eu ou non une relation sexuelle avec elle ce soir-là ou à une autre occasion», a noté la juge dans son analyse.
Elle a également souligné que le témoignage de l'ancienne conjointe de M. Gauvin avait apporté peu d'éléments pour trancher le litige en question. Elle a dénoté un certain parti pris. 
La juge a aussi accordé peu de crédibilité au témoignage de la belle-soeur de M. Gauvin. 
«Son témoignage a apporté peu d'éclairage au présent débat. [...] Certains de ses propos apparaissent peu crédibles, notamment le fait que 30 ans plus tard elle se souvienne que son bébé de 6 mois n'a pas pleuré cette nuit-là», a-t-elle expliqué.
La juge Dominique Slater a analysé en profondeur les deux versions contradictoires de l'accusé et de la plaignante. Elle en est venue à la conclusion que l'ensemble de la preuve laissait un doute raisonnable dont l'accusé doit bénéficier.