François Martel

Agression sexuelle: la prison pour un ambulancier

L’ambulancier François Martel a pris le chemin de la prison, mardi, après avoir plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle sur une jeune fille âgée de 13 ans au moment des faits. Le juge David Bouchard l’a condamné à 24 mois moins un jour au palais de justice de La Tuque.

L’accusé de 38 ans aurait développé une relation amoureuse avec la victime, qui était aussi la gardienne d’enfants.

«C’est prouvé dans la preuve par des lettres d’amour, par des textos… et tout ça va mener à des relations sexuelles complètes», a expliqué le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault.

Il y aurait eu au total entre huit et dix relations sexuelles sur une période de huit mois. La situation aurait été dévoilée au grand jour alors que l’accusé aurait démontré des signes de jalousie à l’égard de la jeune fille qui s’était fait un copain.

Les avocats ont soumis une suggestion commune de deux ans moins un jour d’emprisonnement et d’une probation de deux ans avec suivi.

L’avocate de l’accusée, Me Mélanie Ricard, a fait remarquer au juge que son client n’avait aucun antécédent judiciaire, qu’il a offert sa collaboration et qu’il a déposé un plaidoyer de culpabilité. Elle a aussi fait valoir un rapport psychologique et un rapport sexologique.

«On peut voir qu’il ne présente à peu près aucun risque de récidive, donc pas une menace pour d’autres adolescentes. L’expert note que c’est dans une situation précise et avec une personne précise qu’il a développé des liens affectifs», a-t-elle indiqué au juge.

Me Ricard a également souligné les relations de couple difficiles qu’il vivait et que la médiatisation de l’affaire lui avait été dommageable dans une petite communauté comme La Tuque. 

De son côté, le procureur de la Couronne a expliqué cette suggestion, notamment, par la nature des gestes qui sont graves. Il a également pris en considérant les aveux de l’accusé aux policiers, le fait qu’il ait entrepris de lui-même des suivis psychologique et sexologique, et qu’il prenne l’entière responsabilité de ses gestes.

«En aucun temps, il n’a tenté de repousser la responsabilité sur la victime. […] On a tenu compte aussi de l’abus de confiance et d’autorité important», a indiqué Me Éric Thériault.

Ce dernier a également parlé des impacts sur la victime comme des sautes d’humeur, de l’isolement, un manque de concentration, un sentiment de culpabilité, de l’automutilation, des troubles de sommeil… «Au moins, elle (la victime) n’a pas eu à venir raconter devant le tribunal et le public les gestes qu’elle a subis», a-t-il ajouté.

Le juge David Bouchard a entériné la suggestion des deux avocats. Il a retenu plusieurs facteurs aggravants, notamment, l’abus de confiance. 

Il a aussi noté la détresse psychologique de François Martel au moment des faits, l’absence d’antécédents judiciaires, la reconnaissance des gestes, sa mobilisation après son arrestation, les rapports favorables… «Il n’y a pas de geste de violence dans le dossier outre le caractère intrinsèque de l’infraction», a noté le juge.

Ce dernier est également revenu sur les conséquences sur la victime. Il a affirmé que c’était souvent les mêmes conséquences dans ce genre de dossier. «C’est la raison pour laquelle la vulnérabilité des jeunes enfants doit être protégée», a-t-il lancé.

François Martel a donc été condamné à deux ans moins un jour d’emprisonnement et d’une probation de deux ans. L’homme de 38 ans devra également se soumettre à une ordonnance de prélèvement d’échantillon d’ADN et devra s’inscrire au registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.