Agression sexuelle et gestes déplacés au boisé Châteaudun: Michaël Héon pourrait prendre le chemin de la prison

TROIS-RIVIÈRES — Michaël Héon, ce Trifluvien de 34 ans qui a plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et d’action indécente, notamment en lien avec des événements survenus à l’automne 2019 dans le boisé Châteaudun à Trois-Rivières, pourrait bien prendre le chemin de la prison dès ce mercredi. C’est du moins la suggestion commune qui a été proposée par la Couronne et l’avocat de la défense devant le juge Jacques Trudel, lundi matin.

On se souviendra que Michaël «Azade» Héon faisait face à deux chefs d’accusation, notamment en lien avec une agression sexuelle survenue sur une jeune femme de 19 ans qu’il avait accepté d’aller reconduire à l’épicerie. Durant le trajet, Héon lui avait touché la cuisse, l’entrejambe et un sein et avait tenté de l’embrasser en lui passant le bras autour du cou, ce que la jeune femme avait refusé. La victime n’avait pas été en mesure de s’enfuir du véhicule alors que celui-ci était en mouvement, mais une fois arrivés à destination, Héon lui avait même proposé son numéro de téléphone, ce qu’elle avait refusé.

Michaël «Azade» Héon pourrait prendre le chemin de la prison ce mercredi.

L’accusé a également plaidé coupable à une accusation d’action indécente commise sur une joggeuse de 36 ans qui s’entraînait au boisé Châteaudun. Après lui avoir demandé si elle voulait être sa blonde, ce que la femme avait refusé, il lui aurait exhibé son pénis à au moins deux reprises. Cet événement avait par ailleurs incité la Direction de la police de Trois-Rivières à lancer un appel au public, alors qu’on soupçonnait qu’il ait pu faire d’autres victimes.

Dans le cadre des procédures judiciaires, un rapport présentenciel et un rapport sexologique ont été produits, des rapports dans lesquels la procureure de la Couronne, Me Julie Forget, a rappelé qu’on pouvait y lire que le risque de récidive était très présent. Par ailleurs, plusieurs éléments survenus dans le passé n’avaient pas de quoi rassurer le tribunal, a exposé Me Forget. L’homme avait également des antécédents judiciaires, l’un de harcèlement en 2010 envers une femme de 22 ans, un autre de voies de fait en 2012 envers une jeune fille de 12 ans à qui il avait retenu le bras alors qu’elle tentait de s’éloigner de lui, et finalement un bris de condition en 2015, moment où il a approché une jeune fille de 10 ans à qui il avait demandé de lui faire un câlin.

La procureure de la Couronne a relaté que malgré des tentatives de thérapies par le passé, on dénotait toujours une gradation de la gravité des gestes commis par l’homme, et qu’il semblait entretenir une obsession à se trouver une blonde. Me Forget est d’avis qu’une peine de prison s’impose, spécialement dans le but de protéger le public de possibles récidives.

L’avocat de l’accusé, Me Louis R. Lupien, a pour sa part exposé que son client avait des limitations intellectuelles et qu’il ne saisissait sans doute pas l’ampleur des gestes posés. Il a rappelé qu’il avait proposé à l’une de ses victimes de lui remettre son numéro de téléphone, ce qui n’avait rien de commun d’une agression sexuelle. Me Lupien a également souligné que la prise de médication par le passé de même que l’occupation d’un emploi avaient aidé à stabiliser le comportement de l’homme et que le suivi proposé dans le cadre de la suggestion commune semblait adéquat.

Les deux avocats ont proposé une suggestion commune de cinq mois d’emprisonnement, une peine qui serait accompagnée d’une probation de trois ans au cours de laquelle il devrait respecter de multiples engagements. Compte tenu d’une détention préventive effectuée durant le dossier, la peine serait alors de 90 jours d’emprisonnement à partir du prononcé de la peine.

Le juge Jacques Trudel prononcera la sentence mercredi matin.