Le palais de justice de Trois-Rivières.

Agression sexuelle et bris d'engagement: neuf mois de prison pour Houle-Labonté

Sonny Houle Labonté, un jeune homme de 22 ans, vient d'être condamné à purger neuf mois de prison ferme pour avoir agressé sexuellement une femme en état d'ivresse lors d'un party d'anniversaire.
En fait, il a profité de son état d'intoxication très avancé pour se livrer à différents touchers sexuels sur elle pendant une dizaine de minutes. Il y a notamment eu pénétration digitale mais aucune relation sexuelle complète.
La particularité de cette cause est liée à la notion de consentement. La victime, qui venait d'avoir 18 ans en mars 2015, avait fait un party à son domicile et invité plusieurs amis. Elle ne connaissait pas Sonny Houle-Labonté, alors âgé de 20 ans, mais ce dernier s'y était rendu avec d'autres amis. Au cours de la soirée, la jeune femme est tombée malade. Elle était à ce point confuse qu'elle a pensé au début que c'était son conjoint qui voulait avoir des relations sexuelles avant de réaliser ce qui se passait.  
Or, la preuve a révélé qu'en aucun temps Sonny Houle-Labonté ne s'était assuré du consentement de la jeune femme, d'autant plus qu'elle n'était pas en état de le faire. Aux dires du juge Jacques Lacoursière, il a fait preuve d'aveuglement volontaire. «Vous en avez profité pour assouvir vos instincts sans même lui poser des questions», a-t-il déclaré. 
Les conséquences auront été importantes pour la jeune femme. Craignant d'avoir été infectée par une MTS ou le VIH, elle a en effet dû se soumettre à des tests de dépistage.
Dans cette affaire, la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, a réclamé une peine de 15 mois de prison ferme en insistant sur les facteurs aggravants et sur l'importance de la dénonciation et de la dissuasion. 
L'avocat de la défense, Me Matthieu Poliquin, a pour sa part proposé de quatre à six mois de prison. Il a notamment rappelé que son client avait plaidé coupable, n'avait aucun antécédent judiciaire, que le rapport sexologique ne le décrivait pas comme un prédateur sexuel et que le risque de récidive était plutôt faible puisqu'il aurait cessé de consommer alcool et drogues dures.  
Dans son analyse, le juge a cependant retenu que Sonny Houle-Labonté avait encore de la difficulté à s'approprier la pleine reconnaissance de son délit, de sorte qu'il est nécessaire pour lui d'accepter de s'investir dans un cheminement psychologique et/ou thérapeutique en lien avec une problématique sexuelle et sa dépendance aux stupéfiants. C'est pourquoi il croit que le risque de récidive est toujours présent. Enfin, le fait qu'il ait enfreint un engagement à sa remise en liberté en mai, soit deux mois plus tard, en consommant de nouveau n'a pas joué en sa faveur. 
Il l'a donc condamné à une peine de neuf mois de prison en tout (huit pour l'agression sexuelle et un mois consécutif pour le bris d'engagement). Le jeune homme devra ensuite se soumettre à une probation de deux ans avec suivi pendant 18 mois pour traiter sa dépendance à l'alcool, aux drogues et sa problématique sexuelle. Il sera également inscrit au Registre des délinquants sexuels pendant dix ans.