Agression sexuelle en famille d’accueil

La Tuque — Un individu d’une cinquantaine d’années de La Bostonnais, qui a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une enfant âgée de moins de 16 ans qui demeurait chez lui en famille d’accueil, était de retour devant le tribunal dans le cadre des représentations sur la peine. Les avocats ont soumis leurs suggestions au juge qui a pris le dossier en délibéré.

Lors de son dernier passage devant la justice, l’accusé avait reconnu sa culpabilité malgré qu’il avait «peu, sinon pas, de souvenirs des événements reprochés».

Rappelons qu’au total, neuf événements ont été dénoncés par la victime, entre autres, des attouchements aux seins, des pénétrations digitales qui auraient eu lieu dans le camion de l’accusé ainsi que deux événements de cunnilingus pratiqués par le suspect sur la victime.

La rédaction d’un rapport présentenciel et d’une évaluation sexologique avait été ordonnée. Des rapports qui dressent «un portrait plutôt négatif» selon les avocats. Il en a d’ailleurs été question lors des représentations. 

La défense estime qu’une peine de 12 à 15 mois devrait être imposée à l’individu en plus d’un suivi probatoire de 24 mois. 

«Il a besoin d’aide et la société a intérêt à ce qu’il ait de l’aide pour éviter la récidive», a noté son avocat.

Me Denis Otis a décrit son client comme un être renfermé et dépressif. Il a également souligné que son client avait été abusé lui-même dans son adolescence.

«On parle d’un abuseur qui a été abusé. Ce n’est pas un facteur atténuant, mais on doit en tenir compte», a-t-il indiqué au juge.

L’avocat de l’accusé a aussi souligné le fait que son client démontrait «de l’ouverture à effectuer une démarche thérapeutique».

«Ce qui m’inquiète ce n’est pas la détention, c’est l’après», a-t-il affirmé. Il a invoqué l’incapacité de son client à travailler et le manque de soutien entre autres. 

«Il est prêt à participer à une thérapie, mieux vaut tard que jamais. Il a besoin de soutien», a-t-il indiqué.

La défense a également noté l’absence d’antécédent judiciaire, le risque de récidive faible à modéré, l’âge, l’état de santé et le plaidoyer de culpabilité.

«L’objectif ultime est de ne pas faire revivre l’odieux à la victime de raconter ça devant des inconnus. Il n’y a pas eu de procès», a-t-il fait remarquer.

Quant au procureur de la Couronne, il estime que les gestes reprochés exigent une peine plus sévère. Il a demandé au juge d’imposer une peine de 36 mois de pénitencier ou de 24 mois avec une probation de 3 ans, dont 2 avec suivi.

Il a plaidé la nature et la gravité des gestes, la durée et la situation d’autorité de l’accusé. Il a d’ailleurs fait remarquer que les agressions ont commencé à peine un mois après l’arrivée de la jeune fille dans la famille d’accueil.

Il a aussi demandé au juge de prendre comme facteur aggravant les trois événements où l’accusé s’est masturbé devant la victime.

Il est revenu sur la minimisation, la déresponsabilisation de l’accusé et son état mental. 

«Pour que son état mental soit pris en considération par la cour, il doit être un peu crédible…[…] Selon moi, il fait semblant de ne pas se rappeler.»

Me Thériault a souligné un passage d’un rapport qui mentionne qu’«une grande partie des symptômes de monsieur, tant sur le plan moral que physique, relèvent de la simulation».

Il a souligné que l’homme n’avait jamais eu de remords, qu’il n’avait pas suivi de thérapie, qu’il avait peu d’empathie. 

Me Thériault a fait savoir que la victime vivait encore des hauts et des bas, qu’elle devait avoir des suivis psychologiques de façon hebdomadaire, qu’elle vivait de la colère et qu’elle se sentait coupable également par moment.

«Les répercussions vont être présentes pendant des années», a-t-il lancé.