Agression au parc portuaire: un adolescent plaide coupable

TROIS-RIVIÈRES — L’adolescent accusé d’avoir infligé une solide raclée à un autre jeune le 15 juin dernier au parc portuaire de Trois-Rivières a disposé de ses dossiers en plaidant coupable, mercredi, à un chef de voie de fait grave.

Lors de son retour devant le Tribunal de la jeunesse, le suspect a en effet admis avoir asséné quatre violents coups de poing à la victime. Quant à l’accusation de vol du cellulaire et du portefeuille de la victime, elle a été suspendue compte tenu de son plaidoyer de culpabilité sur l’infraction la plus grave.

Rappelons qu’il est interdit par la loi de publier le nom du jeune délinquant puisqu’il est mineur. Il avait 16 ans au moment des faits. Il en va de même pour la victime, un adolescent également âgé de 16 ans puisqu’il a lui aussi fait l’objet d’une accusation pour son implication dans cette affaire. Il a cependant bénéficié de sanctions extrajudiciaires.

Tel que l’a raconté le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, les événements étaient survenus au parc portuaire. La victime se promenait seule dans ce secteur lorsqu’elle avait croisé un groupe de 7-8 adolescents.

Pour des raisons encore inconnues, des insultes, voire des invitations à la bataille, avaient été lancées de part et d’autre, sans qu’on ne sache qui en était l’instigateur. L’adolescent avait néanmoins poursuivi sa balade pour finalement retourner vers le groupe de jeunes. Encore là, des insultes avaient été échangées et le ton avait monté. Finalement, les deux adolescents de 16 ans au cœur de cette histoire avaient convenu de ne pas se battre et s’étaient serré la main.

Un autre adolescent, ami de l’agresseur, était alors intervenu en se moquant du jeune parce qu’il avait les mains moites. Du coup, il l’avait poussé. Vexé, le jeune homme avait répliqué en lui donnant un coup de poing mais il avait raté sa cible. C’est à ce moment que l’agresseur avait perdu les pédales et qu’il lui avait asséné quatre coups de poing d’une telle violence que la victime avait perdu connaissance. Le groupe de jeunes avait ensuite quitté prestement les lieux sans chercher à s’enquérir de son état.

Lorsque l’adolescent était revenu à lui, il lui avait fallu une quinzaine de minutes avant qu’une personne ne daigne lui venir en aide. C’est la diffusion de la vidéo de l’agression qui avait ensuite permis d’identifier l’agresseur et de l’arrêter. Cette histoire avait été largement médiatisée.

Le jeune avait subi des blessures importantes, qui avaient d’ailleurs nécessité une reconstruction de son visage. Il avait notamment eu les deux globes oculaires enfoncés et le nez cassé à quatre endroits.

Lors de la comparution de son agresseur, le 18 juin, il avait tenu à être présent au palais de justice. À peine sorti de l’hôpital, il disait alors souhaiter que justice soit rendue. «Je ne suis pas ici pour voir l’agresseur. Même si je ne le revois pas, ça ne me dérange pas. Je veux surtout que le monde comprenne, ceux qui décident de faire ça gratuitement, eh bien que ça n’a aucun rapport. Ça ne se fait pas!», avait-il déclaré aux médias.

Dans sa version, il affirmait qu’il s’agissait d’un crime tout à fait gratuit. Alors qu’il était assis seul sur un banc, l’agresseur se serait approché de lui pour lui proposer de se battre. Une gang de jeunes aurait alors commencé à l’insulter parce qu’il refusait. Toujours selon lui, le suspect l’aurait alors roué de coups sans raison.

À la suite de sa comparution, l’agresseur avait pu reprendre sa liberté pour la durée des procédures judiciaires mais sous conditions. Celles-ci sont toujours maintenues actuellement à l’exception de son couvre-feu qui a été levé.

Lors de son retour devant le tribunal, mercredi, pour son plaidoyer de culpabilité, aucune sentence n’a encore été prononcée. Son avocate, Me Pénélope Provencher, a plutôt demandé à ce qu’un rapport présentenciel soit confectionné afin de guider les parties sur la peine à proposer. La cause a donc été reportée au 20 février.