Barbara Provencher, Dominic Pronovost, Kaven Deslauriers et Marc-André St-Amant sont les policiers impliqués dans l'affaire Vadeboncoeur.

Affaire Vadeboncoeur: le syndicat veut la réintégration des quatre policiers

Le syndicat représentant les policiers de Trois-Rivières désire que les quatre policiers impliqués dans l'affaire Vadeboncoeur soient réintégrés dans leur fonction, incluant les deux policiers temporaires qui ont été congédiés par la Ville de Trois-Rivières.
Barbara Provencher et Dominic Provonost ont été suspendus sans solde par la Ville de Trois-Rivières en juin 2013, soit quatre mois après l'arrestation musclée d'Alexis Vadeboncoeur. La Ville avait réservé le même sort à Marc-André St-Amant et à Kaven Deslauriers pour ensuite les mettre à la porte.
Les quatre individus ont fait face à de multiples accusations criminelles (voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, fabrication de faux rapports, etc.) lors d'un long procès. En juin dernier, les trois premiers policiers ont été blanchis, alors que Deslauriers a été trouvé coupable de voie de fait simple. Sa sentence est une absolution conditionnelle. 
Devant ce constat, l'Association des policiers-pompiers de Trois-Rivières demande à la Ville de Trois-Rivières de ramener tout le monde au service de police.
«On a déjà fait des approches auprès de la Ville, confirme le président syndical, Louis Lesage. L'objectif est que les quatre reviennent. C'est ce que le syndicat va tenter.»
Soulignant qu'il n'est pas un expert en droit du travail, Louis Lesage estime qu'aucune faute policière n'a été commise.
«Je pense qu'on a un jugement clair. Les personnes n'ont rien à se reprocher si on se fie au jugement», commente M. Lesage.
Ce dernier est bien conscient qu'une administration municipale ayant procédé au congédiement d'employés n'est pas forcée de les réintégrer. Le dossier pourrait aussi se plaider en droit du travail devant un arbitre. Louis Lesage croit plutôt que le dossier peut se régler par la discussion. Mais il sait que le résultat de l'enquête de la déontologie policière pourrait jouer un rôle.
«La déontologie policière a le pouvoir de destituer un policier, rappelle le président du syndicat. La déontologie policière n'est pas assujettie aux mêmes règles que le droit criminel. J'ai déjà vu ailleurs au Québec des policiers être acquittés au criminel et reconnus coupables en déontologie policière. Il faut attendre la décision.»
Même si Barbara Provencher et Dominic Pronovost n'ont pas été congédiés par la Ville de Trois-Rivières, les deux policiers se sont trouvé un autre emploi depuis les événements. Ils n'ont pas recommencé à travailler comme policiers. Toutefois, le moral des quatre policiers serait assez bon.
«Ils vont bien, évalue M. Lesage. Ils ont passé à travers des périodes très difficiles, mais en général, ils vont bien.»
Le syndicat attend maintenant un retour d'appel de la Ville de Trois-Rivières concernant cette volonté de réintégrer tous les policiers. Le maire Yves Lévesque a préféré ne pas commenter ce dossier.
D'autre part, l'Association des policiers-pompiers de Trois-Rivières a offert des indemnités monétaires à ses quatre membres depuis qu'ils ont été suspendus sans solde ou congédiés. 
Questionné à savoir si le syndicat va réclamer les sommes d'argent à la Ville, Louis Lesage répond qu'on doit d'abord régler la réintégration.
La fin de l'été et l'automne s'annoncent occupés pour le président syndical. Parallèlement à cette demande de réintégration, le syndicat et la Ville de Trois-Rivières poursuivent les discussions concernant le renouvellement de la convention collective. Le contrat de travail a pris fin en décembre 2016. Plusieurs rencontres ont eu lieu. Selon M. Lesage, les négociations avancent rondement jusqu'à maintenant.
Les deux parties seront en séance de négociations mercredi.