Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de production de faux rapports, s'est finalement terminé jeudi après-midi.

Affaire Vadeboncoeur: un jugement sera rendu le 12 juin

Le procès des quatre policiers de Trois-Rivières, accusés de voies de fait contre Alexis Vadeboncoeur et de production de faux rapports, s'est finalement terminé jeudi après-midi.
Il aura non seulement été l'un des procès les plus médiatisés de Trois-Rivières, mais aussi l'un des plus longs puisqu'il aura nécessité pas moins de 31 jours d'audiences. Le juge Steve Magnan a annoncé qu'il allait prendre la cause en délibéré et rendre son jugement le 12 juin.
Pour cette dernière journée d'audiences qui a eu lieu jeudi, les avocats de la défense, qui avaient déjà plaidé en mars, n'ont pas lésiné sur les critiques à l'encontre des propos tenus par la procureure de la Couronne, Me Aryanne Guérin, dans le cadre de sa plaidoirie.
Ceux-ci ont en effet profité d'un droit de réplique accordé par le juge pour relever des contradictions dans sa plaidoirie et des commentaires qu'ils considèrent illégaux. En fait, ils lui reprochent d'avoir plaidé des éléments sans que ceux-ci n'aient été prouvés dans le cadre du procès. 
Parmi ces éléments, il a notamment été question d'un témoin de la défense Denis Rancourt, un expert en acquisition et traitement de signaux qui avait déclaré que la vidéo devait être analysée avec prudence. 
Me Guérin avait soulevé un doute sur la valeur de son témoignage et sa crédibilité en précisant qu'il était un expert en tout et en rien. Tout au long de sa réplique, Me Normand Bibeau, l'avocat de Marc-André St-Amant, y est notamment allé de qualificatifs peu élogieux à son endroit en l'accusant d'avoir tenu des propos vicieux, malhonnêtes et déloyaux, parlant même de «pure calomnie».
Le juge lui a certes lancé quelques rappels à l'ordre et a même pris soin de nuancer ses affirmations, mais lorsque l'avocat de Kaven Deslauriers, Me Stephen Angers, a par la suite utilisé le terme «loufoque», le juge a clairement perdu patience. Il a alors ordonné aux avocats de la défense de cesser d'utiliser pareils qualificatifs. 
Les avocats prétendent aussi que la Couronne a commis des erreurs en émettant, toujours selon eux, l'hypothèse d'un possible complot ourdi au sein du service de police de Trois-Rivières qui aurait consisté à protéger les accusés en misant sur le niveau de résistance de Vadeboncoeur.
Me Guérin avait en effet parlé d'un malaise chez certains policiers qui avaient témoigné au procès et déploré leur manque de transparence et leurs contradictions. Pour la défense, cette hypothèse n'est absolument pas plausible. 
De même, les propos de la Couronne à l'effet que les accusés avaient livré des témoignages parfaits et qu'ils étaient très bien préparés ont fait l'objet de vives contestations de la part de Me Bibeau. Ce dernier a aussi indiqué que contrairement aux affirmations de la Couronne, Vadeboncoeur avait également eu l'occasion de se préparer pour son témoignage, rappelant qu'il avait notamment fait un affidavit en lien avec sa poursuite civile.
Me Roxanne Hamelin, l'avocate de Barbara Provencher, a elle aussi insisté sur le «supposé» caucus entre les policiers dans le cadre des faux rapports qu'on leur reproche, en mentionnant qu'il n'y avait pas un iota de preuve en ce sens. 
Enfin, le nouvel avocat de Dominic Pronovost, Me Mario Coderre (son prédécesseur Me Pierre Dupras a été nommé juge), a mentionné qu'il était faux de dire que son client était un contrôlant et qu'il avait voulu se venger sous prétexte qu'il avait craint pour la vie de sa conjointe.
Rappelons que Marc-André St-Amant, Dominic Pronovost, Kaven Deslauriers et Barbara Provencher font face à plusieurs accusations, dont (tout dépendant des personnes) voies de fait armées, voies de fait causant des lésions corporelles, usage négligent d'une arme à feu, fabrication de faux rapports, contrefaçon de ces documents et entrave à la justice avec la fabrication de ces faux rapports.