Les gestes posés par les policiers de Trois-Rivières étaient non seulement désorganisés et désordonnés mais surtout injustifiables dans l'affaire Vadeboncoeur selon la Couronne.

Affaire Vadeboncoeur: il aurait tenté de contrôler les policiers

Lorsqu'Alexis Vadeboncoeur s'est couché sur le sol le 2 février 2013, il a, par ce geste, tenté de contrôler les policiers de Trois-Rivières qui voulaient procéder à son arrestation.
C'est du moins l'avis formulé par Pierre Langlois, un expert en utilisation de la force et maniement des armes qui a été appelé par la défense dans le cadre du procès des quatre policiers accusés de voies de fait et de fabrication de faux rapports. Il estime en effet que Vadeboncoeur a refusé d'obéir aux ordres donnés par les policiers, mais plutôt décidé lui-même de se coucher au sol sur le ventre. Ce faisant, il aurait tenté de contrôler les policiers. «Son geste a alors forcé les policiers à se compromettre en avançant vers lui alors qu'ils essayaient d'éviter d'intervenir de cette façon.» Les policiers avaient en effet mentionné qu'ils avaient ordonné à Vadeboncoeur de jeter son arme, de lever les mains en l'air, de se retourner et de reculer en leur direction.
Lors de son interrogatoire qui a commencé en après-midi, il a rappelé qu'en vertu du Module d'emploi de la force qui est enseigné aux aspirants-policiers, l'objectif ultime est de contrôler l'individu et de le menotter en commençant par la verbalisation des ordres. Dans le cas présent, le jeune homme aurait refusé d'obtempérer, selon M. Langlois. 
Il a insisté sur l'urgence d'agir à laquelle étaient confrontés les policiers, et ce, en raison de la gravité de la situation. Il a énuméré les différents indices de menaces présents ce soir-là, pour démontrer qu'il s'agissait d'une situation à haut risque. D'une part, les quatre policiers étaient confrontés à un individu armé qui venait de commettre un vol qualifié dans une pharmacie, ce qui laissait 
présager qu'il pouvait être sous l'influence des stupéfiants ou en manque. 
Le temps était particulièrement froid et la chaussée était glacée et enneigée. «Même une fois couché au sol, il pouvait se relever à tout moment à cause du froid. La même chose peut survenir l'été sur l'asphalte lorsqu'il fait 30 degrés Celsius», a-t-il ajouté. 
L'expert Langlois a également qualifié l'attitude de Vadeboncoeur de provocatrice à un certain moment. En ce sens, il a raconté que dans sa fuite, il a été contraint de s'arrêter en voyant un agent de sécurité à la porte 5 du Cégep, ce qui l'aurait pris par surprise. On se rappelle que dans son témoignage, Vadeboncoeur avait avoué qu'il envisageait d'entrer au Cégep et de le traverser pour retourner chez lui. Aux dires de M. Langlois, il s'est donc retourné, la tête haute, et a marché vers les policiers avec une démarche provocatrice. Il s'est ensuite balancé de gauche à droite, a sorti de ses poches un sac et une arme pour ensuite s'accroupir en regardant les policiers. «Son changement d'attitude et son avance vers les policiers pouvaient constituer des signes précurseurs d'un assaut», a précisé M. Langlois. Il précisera qu'en adoptant cette position, Vadeboncoeur pouvait même être en acquisition de cibles ou chercher à abaisser sa masse corporelle dans l'éventualité d'une fusillade. À ce moment, les agents Marc-André Saint-Amant et Barbara Provencher ne disposaient d'aucune barricade. 
La proximité du Cégep, ouvert à cette heure, est aussi un élément qui aurait restreint les policiers dans leur prise de décision, les forçant à intervenir rapidement. 
Enfin, toujours selon lui, l'éclairage dans la cour du Cégep aurait aussi créé un effet d'éblouissement de sorte que les policiers ne pouvaient distinguer qu'une silhouette. En ce sens, il a expliqué avoir lui-même fait des tests un soir d'hiver au Cégep afin d'y constater le phénomène d'éblouissement. Ils ont toutefois été effectués après la modification de l'éclairage.  
Son témoignage va se poursuivre jeudi.